La mondialisation n'est pas coupable

par

Le monde émergent

8. La sagesse des « gens sérieux » remise en question

 

Krugman discute l’intérêt de l’ALENA, l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain, pour ce qui est du Mexique, État le moins économiquement performant des États liés par cet accord. Krugman constate que l’accord a un intérêt plus symbolique qu’authentiquement économique : « En comparant la période pré-ALENA à la période post-ALENA, on ne voit guère de différence. En revanche, sans l’ALENA, on pourrait observer un retour à des pratiques protectionnistes de la part de l’un des partenaires ». En bref, l’ALENA officialise l’ouverture et facilite la confiance, mais ce faisant ne crée rien de nouveau, ne fait que participer à un mouvement antérieur qui ne se limite pas à lui.

 

9. ALENA : des vérités difficiles à dire

 

Krugman défend ici encore l’idée selon laquelle la valeur de l’ALENA est symbolique, cette fois-ci dans l’espoir de convaincre les lecteurs qui se positionnent contre l’accord en question. Il certifie que si l’ALENA ne va pas apporter grand-chose aux États-Unis directement, il est très habile politiquement d’aider un État voisin qui cherche à adopter un système économique similaire au leur. Par là, les États-Unis encouragent l’extension du libre-échange.

 

10. Le mythe du miracle asiatique

 

Krugman déconstruit le mythe du miracle économique asiatique, en démontrant qu’il n’y a dans ce récent essor extraordinaire absolument rien de magique. Pragmatiquement, il relève les différents facteurs et les salutaires décisions qui ont contribué à cet essor. Selon lui, c’est la parfaite incarnation de la validité des théories économiques classiques et il encourage les dirigeants américains à suivre cet exemple, dans lequel il admire l’aptitude à sacrifier la satisfaction des besoins présents au profit de l’engrangement des bénéfices futurs. Krugman en fait la démonstration en raillant les Américains qui refusent de se plier à la logique implacable des chiffres.

 

11. La revanche de la technologie

 

Krugman entre en discussion avec la littérature d’anticipation, et plus principalement le roman Player Piano, dans lequel l’auteur, Kurt Vonnegut, imagine un monde où tous les travaux manuels sont effectués par des machines. La vision du romancier est pessimiste : la majorité des gens se voit contrainte au chômage ou à des emplois de fonctionnaires strictement inutiles ; seules les personnes qui ont une créativité surdéveloppée obtiennent des emplois gratifiants, mais cette catégorie de personnes diminue de plus en plus, au fur et à mesure de la machinisation de la société. Krugman oppose à Vonnegut une vision autrement plus optimiste. Il trouve l’hypothèse de la machinisation crédible mais pas définitive : cette usine automatique, qui la nettoie ? et qui nettoie les habitations de ceux qui possèdent ces moyens de production ? Il est des tâches simples, affirme Krugman, pour lesquelles le bon sens humain est nécessaire pour l’instant. Il postule donc que le monde désœuvré et ennuyé proposé par Vonnegut ne serait qu’une phase provisoire avant l’égalité : « les spécialisations qui sont rares parce que peu naturelles seront assurées ou facilitées par l’ordinateur, tandis que les machines resteront incapables de faire ce que font les gens ordinaires. »

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