La Philosophie dans le boudoir

par

L’humour, la parodie

Bien que les propos philosophiques de Sade doivent être pris au sérieux, il n’est jamais plus clair que dans La philosophie dans le boudoir qu’il est capable de présenter tout cela avec humour. Dans ses œuvres les plus connues, Sade fait alterner la plus pure pornographie avec ses discours philosophiques, mais c’est seulement dans celle-ci que l’on assiste à un cours de philosophie sadienne incluant un complément physique. La pornographie n’est donc pas gratuite, mais la pure absurdité de l’excuse ne peut être démentie. Il n’y a aucune façon de prendre au sérieux l’image de ces quelques libertins, un peu épuisés après une autre de leurs sessions d’éducation physique, qui s’étendent nus sur un lit pour lire à haute voix une dissertation politique qui occupe un plein quart du livre.

Bien que le pamphlet « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » est à prendre au sérieux – Sade l’a rédigé d’abord comme un pamphlet à part, avant de l’inclure dans La philosophie –, il l’introduit dans la scène de manière à parodier de la façon la plus extrême les aristocrates qui se rassemblaient dans des salons et se penchaient sur de tels discours. Il ne faut pas lire La philosophie d’une telle manière ; la capacité à rire n’est pas la moindre des qualités requises au lecteur de ce texte. Évidemment, il s’agit de l’humour le plus noir imaginable : qu’on pense à la comédie d’Eugénie qui se désole à l’idée de la mort de sa mère, parce qu’il lui faudrait porter le deuil, ou à son exclamation : « Me voilà donc à la fois incestueuse, adultère, sodomite, et tout cela pour une fille...

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Dissertation à propos de La Philosophie dans le boudoir