La Philosophie dans le boudoir

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Le dialogue, forme philosophique par excellence

Le dialogue est la forme philosophique la plus prisée et la plus classique depuis Platon. Le grand avantage du dialogue est la possibilité d’humaniser des discours philosophiques qui pourraient autrement s’avérer abstraits, compliqués et plats. Chaque facette d’un argument peut être donnée à un personnage particulier qui la représentera. Plus avantageux encore, les personnages peuvent poser les questions que se posent le lecteur, amenant l’explication et la réplique de manière organique. De plus, les personnages peuvent faire varier le ton, digresser, apporter une certaine légèreté et un certain humour pour alléger l’expérience du lecteur – toutes choses qui seraient déplacées dans un traité philosophique.

On retrouve souvent la forme au travers de l’histoire : Castiglione l’utilise pour son manuel de courtoisie Le Livre du courtisan, et cinq siècles plus tard Oscar Wilde écrit plusieurs dialogues. À l’époque précédant immédiatement Sade, Diderot et Voltaire trouveront la forme utile. Ces philosophes des Lumières étant (avec Rousseau) parmi les modèles et les cibles de Sade, ce n’est sans doute pas par hasard que Sade choisit de présenter ses pensées dans une forme autre que le roman.

Mais ce que satirise le plus évidemment Sade ce sont les dialogues et autres livres qui cherchent à instruire les jeunes dans les dogmes d’une société qu’il condamne. L’ouvrage est, aux dires de Sade, « destiné à l’éducation des jeunes demoiselles ». Pierre Louÿs reprendra l’idée (avec, il faut le dire, beaucoup plus d’humour) dans son Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation deux cents ans plus tard....

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