La remplaçante

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Résumé

Le narrateur est Raphaël, jeune adolescent de quatorze ans, point sot mais, comme nombre de garçons de cet âge, fort paresseux. Ses deux plus grandes passions sont dormir et manger. Il mène une vie paisible au sein d’une famille unie. Sa mère, un peu fantasque et toujours aimante, est une artiste, une illustratrice qui travaille chez elle. Son père, plus calme, tranquille et solide, travaille dans les assurances. Ils sont bienveillants et fermes, présents dans la vie de leur fils sans être envahissants. Raphaël a une jeune sœur, Anne-Laure, qui fréquente l’école primaire pour la dernière année. Raphaël est au collège, où il se rend chaque matin en compagnie de ses copains Philippe, Rachid, Constantin et Réginald. Ils forment une joyeuse bande qui suit les cours de professeurs débonnaires et parfois pittoresques comme Mme Pivoine, professeur d’anglais à l’étrange diction, ou M. Dupont, surnommé Winnie l’ourson, leur vieux professeur d’histoire chevelu qui ne craint pas d’imiter l’homme de Neandertal pour illustrer son cours . Mais quand paraît leur professeure de français, tout est différent : Mlle Laurent, c’est autre chose. Elle est belle, si belle qu’on ne peut rien lui refuser. En outre, cette beauté est une excellente professeure, toujours à l’écoute de ses élèves, prête à les aider dès qu’ils rencontrent une difficulté. C’est la professeure idéale et Raphaël est tombé sous son charme.

Quelle n’est pas la déception des élèves quand ils apprennent que Mlle Laurent sera absente pour plusieurs semaines ! Ils sont déçus mais aussi inquiets : qu’est-il arrivé à leur professeure préférée ? Et qui va la remplacer ? La réponse à cette question ne se fait pas attendre. Quand sonne l’heure du cours de français, un étrange personnage entre dans la salle de classe. C’est une femme, laide à faire peur : petite, le visage couvert de boutons, les yeux cachés derrière d’épaisses lunettes, mal coiffée, affreusement mal habillée ; elle ne se présente même pas aux élèves et entame un cours profondément ennuyeux, ponctué de menaces de sanctions dès qu’un murmure se fait entendre. On ne saurait commencer plus mal, et la classe se braque immédiatement contre la nouvelle professeure. C’est par un surveillant qu’ils apprennent son nom : Mme Grivet. Dire que Raphaël prend Mme Grivet en grippe est un mot faible. Il la déteste, tout simplement. Il ne lui trouve aucune qualité, rien en elle ne trouve grâce à ses yeux. Il est vrai que de son côté Mme Grivet ne fait rien pour se rendre aimable : ses qualités de pédagogue sont inexistantes. Elle se contente de lire son manuel, en assommant la classe de pensums et autres punitions collectives. Même les premiers de classe, qui sont toujours du côté des professeurs, la trouvent détestable. Alors Raphaël et sa bande décident de rendre à Mme Grivet la monnaie de sa pièce et de faire des heures de cours un enfer pour elle. Toute leur science du désordre y passe : faire enrager un professeur par toutes sortes de bêtises n’a pas de secret pour eux. Cela commence par d’agaçants bruits de stylo savamment orchestrés, puis c’est le refus d’exécuter les tâches données, la révolte ouverte. Mme Grivet ne sait pas réagir autrement qu’en faisant pleuvoir des punitions sur les élèves, et les choses vont plus loin encore : Raphaël et ses amis vissent la chaise de Mme Grivet au sol, provoquant ainsi un grand désordre dans la classe.

Dans le même temps, Raphaël décrit à ses parents l’atmosphère épouvantable des cours de français. Sagement, ils invitent leur fils à la prudence et à plus d’indulgence : Mme Grivet n’est pas un épouvantail mais une personne avec qui il est certainement possible de s’entendre. Et puis il serait sage de ne pas pousser le bouchon de la contestation trop loin, sous peine de sanctions. Cependant, l’ambiance des cours de français est si délétère que le climat en est devenu insupportable pour certains élèves. Ainsi, Réginald, le meilleur ami de Raphaël, va jusqu’à mettre en scène une tentative de suicide avant d’aller éclater en sanglots auprès de ses parents. L’enfant est au bord de la dépression, et Raphaël ne le pardonne pas à Mme Grivet. Alors au lendemain de ce triste événement, il se campe devant elle et sous les yeux ébahis de ses camarades, la tutoie et lui reproche ce qui vient d’arriver à Réginald. Il est à deux doigts du renvoi, mais Mme Grivet, sagement, décide de ne pas porter l’affaire devant les autorités du collège. Une semaine de vacances arrive à point pour faire baisser la tension qui est devenue insupportable. Raphaël et Réginald retrouvent pour quelques jours une vie d’adolescents insouciants.

Mais quand arrive l’heure de la rentrée, les choses ne se sont pas améliorées. L’anglais de Mme Pivoine est toujours aussi étrange, la pédagogie de Winnie l’ourson toujours aussi paisible, et Mme Grivet est toujours aussi détestable. Aujourd’hui, elle rend les bulletins, et ajoute d’acides commentaires sur chacun au fur et à mesure de la distribution. Quand arrive le tour de Carlos, un brave garçon en échec scolaire, elle l’humilie devant la classe. L’adolescent ne se laisse pas démonter, répond du tac au tac à l’enseignante et, quand le cours a repris, signale à Mme Grivet qu’elle a commis une erreur en écrivant au tableau. C’en est trop : Mme Grivet renvoie Carlos, qui est exclu de l’établissement pour insolence. La tension est à son comble, et Raphaël est au bord de commettre une bêtise irréparable ; aussi son père lui suggère sagement de procéder à une grève de silence : que la classe soit passive, ne réponde à aucune question, n’exécute aucune consigne. Aussitôt dit aussitôt fait : Mme Grivet est désarçonnée par la tournure que prennent les événements, et c’est elle qui se trouve désormais en porte-à-faux vis-à-vis de l’administration – car des parents se sont plaints, et la réunion parents-professeurs est ponctuée d’éclats de voix parfois violents. Pour leur part, les parents de Raphaël on décidé d’adopter une attitude très courtoise mais très ironique vis-à-vis de Mme Grivet, bonne façon pour eux de montrer à leur fils qu’ils sont de son côté sans pour autant désavouer ouvertement un professeur.

Un matin, les élèves et Mme Grivet ont la surprise de voir entrer en classe, accompagné du directeur, un digne monsieur ironique et bienveillant : un inspecteur. En quelques minutes, il met en lumière ce que Mme Grivet n’a jamais su voir malgré ses heures de présence : certains élèves – dont Carlos – savent écrire et ont un joli talent. Les cours de français ne se limitent pas à de stériles exercices de grammaire selon lui ; la créativité des élèves y a droit de cité.

Les jours ont passé, et Mlle Laurent va revenir. Quelle joie ! Mais quand Raphaël voit côte à côte sa professeure préférée et Mme Grivet, il mesure le fossé qui les sépare et comprend qu’en définitive, Mme Grivet est une femme profondément malheureuse qui s’est fourvoyée dans une profession pour laquelle elle n’est pas faite. Alors il va vers elle et, pour la première fois, lui parle comme à une personne digne d’intérêt et lui dit au revoir, tout simplement, en reconnaissant qu’il n’a pas été gentil avec elle. Surprise, Mme Grivet lui sourit, et lui souhaite bonne chance.

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