Le Bachelier

par

Les relations entre Jacques Vingtras et son père

         Dans L’Enfant, elles étaienttrès mauvaises ; dans Le Bachelier, elles ne sont pas meilleures.Le père de Jacques est incapable de montrer l’amour qu’il éprouve peut-êtrepour son fils, prisonnier qu’il est de l’université et d’une éventuellerévocation. La description de l’autorité paternelle dans les années 1850 estcelle d’un pater familias de la Rome antique. Jusqu’à sa majorité – 21ans – le père a tout pouvoir sur son fils. Il peut le faire arrêter et le faireinterner si bon lui semble.

         Pas question pour le père de tenter decomprendre les idées de son fils, il n’a pas à en avoir : « Toujours démoc-socn’est-ce-pas ? Va-t’en dire au proviseur que tu veux te fairesavetier, te remêler à la canaille. Arrive en blouse au collège devant maclasse. C’est ce que tu veux, peut-être. » Tel est le discours du père,qui n’hésite pas à menacer son fils qui lui répond malgré « son poing levé »mais qui se soumet. Cette soumission est d’ailleurs un des points sur lesquelsle lecteur s’interroge : comment Vallès-Vingtras, le révolutionnaire, le communard,a-t-il accepté de se soumettre ainsi ? Certains éléments du roman nousrenseignent. Sur le point de quitter Nantes pour toujours, Jacques offre unesoirée de plaisir à ses parents, qu’il décrit ainsi : « Il mesemblait que c’était moi le père et que je conduisais deux grands enfants quim’avaient sans doute fait souffrir mais qui m’aiment bien tout de même ! ».Jacques regrettera ces détestables relations jusqu’à la mort de son père, avantmême la cinquantaine. Il regrettera qu’ils ne fussent pas devenus « camarades ».Jacques a compris ce qui a aigri son père au point de le rendre odieux : unmariage malheureux et une carrière désolante. En fait, Jacques est un filsindulgent et aimant, plus conscient et sage que ses parents.

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