Le Bachelier

par

Son père

L'enseignant aigri, le père bourreau rencontré dans L'Enfant est toujours là. Professeur à Nantes, il vit dans la hantise de la révocation. Aussi, les activités politiques de son fils le mettent-elles hors de lui. Quand Jacques revient à Nantes après le coup d’État de 1851, il l'enferme chez lui, menace de le faire interner. Les relations avec son fils sont exécrables. Il le traite en collégien : « Mon père exige de moi que j'abatte un devoir grec ou latin, tous les jours », et « l'échappé de barricades » se soumet à la volonté paternelle. Ce n'est que lorsque Jacques hérite d'une coquette somme que son père le libère. En échange de la captation de cet héritage, il donnera à son fils une petite somme et le laissera partir ; Jaques est mineur, il doit accepter.

Plus tard, le père quittera sa femme pour retrouver sa maîtresse et mourra loin des siens, à quarante-huit ans. C'est seulement à ce moment-là que Jacques et son père se trouvent ensemble « dans un silence sans colère ». Jacques regarde son père qui gît, non pas « abattu par la mort mais usé par la vie. » Il s'est enfermé dans la prison de l'université et l'université l'a tué – « S'il fût resté un homme libre, il serait encore debout, au soleil, il aurait l'air de mon grand frère ! Comme nous serions camarades...

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Dissertation à propos de Le Bachelier