Le Coffret de santal

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Présentation

En avril 1873, un jeune homme de trente-et-un ans ravi tient dans ses mains son premier recueil de poésie, Le Coffret de santal. Les choses ne furent pas faciles pour le jeune Charles Cros (1842-1888), poète et savant largement méconnu, qui vit la chose comme une victoire personnelle. Il envoie le résultat de son travail à ses connaissances, déploie de grands efforts auprès de la critique pour faire connaître son recueil, mais n’obtiendra qu’un seul compte rendu, et sans grand enthousiasme.

La première édition du Coffret de santal, qui paraît en 1873, comprend huit divisions et soixante-quatorze poèmes ; la seconde de 1879 ne compte plus que six divisions mais cent quatorze poèmes. Les textes sont à présent disposés de façon à produire le récit d’une expérience personnelle, mue davantage par une inquiétude métaphysique qu’une simple obsession romantique. Les poèmes qui composent le recueil ont paru au préalable dans plusieurs périodiques : La Revue du monde nouveau, L’Artiste, La Parodie, La Tribune du peuple, L’Hydropathe, La Renaissance littéraire et artistique, Étrennes du Parnasse ; ou encore dans Le Parnasse contemporain et les Dixains réalistes.

La composition du recueil, qui apparaît sage, classique, enclôt toutefois un grand romantisme des sentiments. Et à la fois, la poésie de Charles Cros, ses riches images, les correspondances qu’elle recèle, annonce et dépasse le symbolisme. C’est une poésie qui n’appartient à aucun courant, au confluent de plusieurs littératures, expression d’un talent singulier et pluriel. Dans ce recueil, le poète s’exprime proprement, puisque c’est sa propre aventure qu’il enchante. Il montre une grande attention aux moments de transition, tente de figer des changements, tout en s’interrogeant systématiquement sur les moyens qu’il a à sa disposition, qu’il confronte à ses grandes ambitions, à son idéalisme.

La figure de la femme domine le recueil, et nous la considérerons, dans un premier temps, au sein d’un balancement, qui est parfois une équivalence, entre l’amour et la mort. Matériaux, fleurs, senteurs abondent dans ce recueil, dès le titre, et nous étudierons donc dans un second temps la manière dont Charles Cros invoque la nature. Topos de la poésie, sujet très baudelairien, la particularité, la solitude du poète transparaissent dans le recueil, et nous verrons cette fois le poète balancer entre la déploration et la célébration de sa singularité. Cela nous mènera à analyser le regard que pose le poète sur son métier, quand il contemple les possibilités et les fins de la poésie. Enfin, la pluralité de Charles Cros nous conduira à analyser l’aspect ludique de sa poésie, qui a à voir avec une transformation du réel, ou bien son dévoilement, comme cela sera souligné en conclusion.

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