Le Coffret de santal

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Charles Cros

Charles Cros est un poète, inventeur,
écrivain et artiste français né en 1842 à Fabrezan (Aude). Il est issu d’une
famille éduquée : son grand-père est professeur de belles-lettres et
traducteur, tandis que son père est professeur de philosophie. Charles obtient son
baccalauréat à 16 ans puis entreprend des études de médecine qu’il n’achève
pas.

En autodidacte, Charles s’intéresse
rapidement aux sciences et à la littérature. Il commence à étudier des langues
anciennes – comme l’hébreu, le sanskrit – et des langues modernes dès 1850, et il
entame des études de musique et de mathématiques en 1858-1859. Entre 1860 et
1863, Charles Cros passe de professeur de chimie pour les sourds et muets à
chercheur ; il invente différents procédés. Il présente un prototype de
télégraphe à l’exposition universelle de 1876 et
une machine de reproduction
de couleurs, de mouvements et de formes à une société française de photographie.
En 1877 il propose même un prototype de phonographe au même moment que Thomas
Edison aux États-Unis, mais ne rencontre pas la même ferveur ; il s’agit du
« paléophone », une machine de reproduction du son.

Comme poète, Charles Cros est difficilement
classable ; sa poésie fondée sur des sujets divers, ses amitiés de tous
bords et ses humeurs poétiques éclectiques font qu’il ne revendique aucune
appartenance, et son style n’est figé dans aucun courant. Il mène une vie de
bohème et se lie à de nombreux artistes et grands protagonistes de la
littérature de l’époque comme Paul Verlaine, Arthur Rimbaud ou Germain Nouveau.
Ceux-ci fréquentent divers cercles et cafés littéraires connus comme L’Artiste où il fait ses débuts de poète
en 1869 ou Le 
Cercle des poètes
Zutistes
que Charles Cros crée en 1883. Il fréquente aussi le
bar de sa maîtresse, Nina de Villard, qui accueille beaucoup d’artistes de
l’époque.

Charles Cros publie ses premiers
textes poétiques dans Le Parnasse
contemporain,
un ouvrage de poésie collective auquel collabore une centaine
de poètes connus de l’époque dont certains qu’il rencontre au groupe d’artistes
Les Vilains Bonshommes ou au club
littéraire des Hydropathes, tels que François Coppée.

Le poète publie son ouvrage le plus
connu, Le Coffret de Santal, en 1873 sous forme de recueil surréaliste. Il
dédie ses poèmes à différentes personnes, notamment à quatre femmes qui ont
partagé sa vie. Le recueil démontre clairement le penchant de Charles Cros pour
l’expression poétique sensuelle et sincère. La même année est publié Une Saison en Enfer d’Arthur Rimbaud.

En 1873 toujours il crée La Revue du monde nouveau dont il est rédacteur en chef, et il publie
grâce à ses amitiés avec les impressionnistes Le fleuve. L’œuvre est illustrée
d’une série de gravures à l’eau-forte par son ami, le peintre Édouard Manet, qui
représentent différents paysages ou motifs naturalistes.

En 1876, Charles Cros fait paraître ses Dixains réalistes qui lui valent un
conflit avec Anatole France. Cet ouvrage collectif, qui regroupe donc une série
de poèmes de dix vers, est composé par le poète aidé de nombre de ses
compagnons de l’époque, comme Nina de Villard ou Auguste de Chatillon. La même
année, Charles Cros se met à écrire des pièces de théâtre sous forme de
monologues pour le compte du comédien Coquelin Cadet qu’il vient de rencontrer.
En 1879 il obtient un prix pour ses travaux littéraires de la part de
l’Académie française et touche une indemnité de l’État pour ses contributions
littéraires, alors que naît le premier des deux fils qu’il aura avec son épouse
Mary Hjardemaal, d’origine danoise.

Toujours en 1879, Charles Cros collabore avec de
nombreuses revues comme Les Hydropathes
et Le Molière, et il réédite Le Coffret de
Santal
, ce qui lui vaut de remporter le prix Juglar. Il continue d’écrire
pour diverses revues jusqu’à la fin de sa vie et publie en parallèle de
nombreux monologues, qu’il récite à l’occasion dans des cabarets. Alors qu’il
crée le Cercle des Zutistes, Charles Cros commence à avoir d’importants
problèmes financiers, psychiques et physiques. En 1884 meurt sa maîtresse Nina
de Villard, et il connaît l’année d’après une succession d’épreuves : sa
femme tombe malade, sa situation financière se dégrade, ce qui l’oblige à
vendre sa bibliothèque personnelle aux enchères publiques pour une somme dérisoire.
Dès 1886, il sombre dans la misère et l’alcoolisme ; ses abus d’absinthe
sont courants à cette période.

En 1888, Charles Cros édite sa dernière œuvre : La Vision du Grand Canal Royal des deux Mers,
un long poème de
soixante-quinze
distiques d’alexandrins
, un hymne qu’il dédie à sa terre natale baignée par le canal de Riquet. Cette
œuvre exprime son attachement particulier à ses origines. Il meurt cette
année-là dans des conditions misérables, à Paris, à l’âge de 45 ans.

Plusieurs de ses ouvrages ne sont à cette époque pas
encore publiés et ne le seront qu’en 1908 grâce à son fils Guy. De son vivant,
Charles Cros n’est pas reconnu comme inventeur suite à sa rivalité avec Ducos
de Hauron relativement à la reproduction des couleurs. Comme poète, il ne connaît
la réussite que très tard, et ceci, grâce à André Breton.

Charles Cros est un poète isolé mais pluriel, capable
de passer de l’absurdité, comme dans son monologue Révolte, à l’humour comme
dans Le Hareng Saur, jusqu’à l’angoisse profonde comme dans L’Heure froide – autant de différences
d’humeurs qui correspondent aux rebondissements que connaît sa vie.

L’œuvre poétique de Charles Cros
tient principalement en deux recueils : Le Coffret de santal et Le
Collier de griffes
, œuvre qui reprend des pièces composées durant les dix
ou quinze dernières années de sa vie. Robert Desnos et Louis Aragon lui rendront
en particulier un hommage appuyé et contribueront à faire connaître sa poésie.

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