Le Comte de Monte-Cristo

par

La création d’un mythe

Le Comte de Monte-Cristo est une fiction basée sur une histoire vraie, celle de Pierre Picaud, un cordonnier victime d’une machination politico-judiciaire sous le Premier Empire. L’œuvre d’Alexandre Dumas, dans sa simplicité et sa force, présente cette histoire vraie de manière romancée, lui permet de passer à la postérité et de faire de l’histoire un réel mythe.

Certains éléments de l’histoire contribuent à cela : l’île de Monte-Cristo, que l’on pourrait croire imaginaire, existe bel et bien en Méditerranée. Cela donne un côté encore plus véridique à l’histoire. De même le personnage du comte de Monte-Cristo, qui semble parfois dirigé par Dieu, a quelque chose de mythique. Enfin certaines informations ne sont pas présentes dans l’histoire, par exemple comment le comte retrouve Haydée, et cela donne au livre un autre caractère irréel.

Irréel est encore le héros de l’œuvre. Contrairement à bien des hommes qui dans de mêmes circonstances auraient fait de leur vengeance un équivalent de la justice, Monte-Cristo cherche aussi à corriger les injustices dont d’autres ont souffert. Sa résolution est telle qu’il se sépare des préoccupations mondaines. On voit sa fermeté dans cette résolution qu’il prend :

« Adieu à tous les sentiments qui épanouissent le cœur ! Je me suis substitué à la Providence pour récompenser les bons… que le Dieu vengeur me cède sa place pour punir les méchants ! »

Le personnage est d’autant plus frappant qu’il se sait supérieur à tous ses adversaires. Les épreuves de la prison ont forgé en lui une volonté inexorable et il tient pour acquises la force, la détermination, la maîtrise de soi et la patience surhumaines dont il fait preuve tout au long du récit. Il déclare lui-même être en voie de dépasser sa condition humaine et s’assimile sans orgueil aux êtres extraordinaires qui dépassent l’entendement du commun des mortels. Tous les éléments pour faire de Monte-Cristo un mythe sont présents et exploités par Dumas.

« Je suis un de ces êtres exceptionnels, oui, monsieur, et je crois que, jusqu’à ce jour, aucun homme ne s’est trouvé dans une position semblable à la mienne […] Mon royaume, à moi, est grand comme le monde, […] n’étant d’aucun pays, ne demandant protection à aucun gouvernement, ne reconnaissant aucun homme pour mon frère, pas un seul des scrupules qui arrêtent les puissants ou des obstacles qui paralysent les faibles ne me paralyse ou ne m’arrête. Je n’ai que deux adversaires ; je ne dirai pas deux vainqueurs, car avec la persistance je les soumets : c’est la distance et le temps. Le troisième, et le plus terrible, c’est ma condition d’homme mortel. Celle-là seule peut m’arrêter dans le chemin où je marche, et avant que j’aie atteint le but auquel je tends : tout le reste, je l’ai calculé. »

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