Le Comte de Monte-Cristo

par

Le rêve comme solution

Quand Edmond Dantès est en prison, il sombre dans le désespoir. L’injustice de sa situation ébranle en lui toutes les croyances qui lui tenaient à cœur : la justice, la loyauté et même sa confiance en l’humanité dépérit dans son isolement. Il s’abandonne d’abord à la prière, puis dans l’ascétisme. Ensuite il trouve le réconfort dans la rage et la colère, mais à l’image d’un homme qui fait son propre deuil, il finit par sombrer dans le désespoir. Ses pensées le torturent et sa volonté succombe face à l’impossibilité d’un quelconque secours :

« il tomba dans l’immobilité morne des idées de suicide ; malheur à celui qui, sur la pente du malheur, s’arrête à ces sombres idées ! C’est une de ces mers mortes qui s’étendent comme l’azur des flots purs, mais dans lesquelles le nageur sent de plus en plus s’engluer ses pieds dans une vase bitumineuse qui l’attire à elle, l’aspire, l’engloutit. Une fois pris ainsi, si le secours divin ne vient point à son aide, tout est fini, et chaque effort qu’il tente l’enfonce plus avant dans la mort. »

Lorsqu’il rencontre l’abbé Faria, Edmond se ressaisit. Le rêve est une façon pour ces deux personnages qui ont tout perdu de leurs vies antérieures de supporter leurs conditions de vie : le rêve de leur évasion, le rêve du trésor qu’ils iront chercher, le rêve d’une autre vie. Mais aussi le rêve de la justice qu’ils pourront rendre, le rêve de la vengeance et le rêve de pouvoir enfin trouver la tranquillité de l’esprit. Le rêve n’est pas en soi une solution mais il aide les personnages à espérer et à survivre :

« Dès lors, Dantès se laissa aller tout entier à son bonheur ; il n’allait plus être seul certainement, peut-être même allait-il être libre ; le pis-aller, s’il restait prisonnier, était d’avoir un compagnon ; or la captivité partagée n’est plus qu’une demi-captivité. Les plaintes qu’on met en commun sont presque des prières ; des prières qu’on fait à deux sont presque des actions de grâces. »

De manière générale, le livre entier pourrait être un rêve de l’auteur car la vengeance de Dantès est décrite comme si parfaite qu’il semble difficile qu’elle puisse être vraie. Cependant c’est pour l’auteur une façon de dénoncer les inégalités de son époque.

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