Le deuxième sexe

par

La femme n'existe que par opposition à l'homme

Dans ce roman de Simone de Beauvoir, elle met un point d'honneur à expliquer que la femme ne peut exister que par opposition à l'homme. Elle constate en effet que le seul moyen qu'ait la femme d'être vue et reconnue est d'être opposée à l'homme ; sa différence permet une comparaison qui est l'unique façon de parler de la femme en tant que femme.

Au début de son roman, elle explique que certains considèrent la femme comme un homme mutilé. Ce serait cette absence de sexe masculin qui la ferait être femme et que cette absence créerait un manque chez elle qu'elle devrait combler. Or, cela signifie que la femme n'est qu'une anomalie, un dérivé brouillon de l'homme et non pas une entité à part entière. Son statue de femme n'existe donc pas réellement. Il faut alors mettre homme et femme en confrontation, en opposition, pour pouvoir marquer leur égalité malgré certaines différences morphologiques.

Pour étayer ses propos, et tenter de comprendre comment la femme a obtenu ce statut d' « être inférieur », Simone de Beauvoir utilise toutes sortes de comparaisons entre hommes et femmes, montrant ainsi que des similitudes notables existent et que les différents points de vue existants sur ce sujet, bien qu'intéressant, sont incomplets.

Tout d'abord, elle se sert du point de vue anatomique : femmes et hommes ont tous les deux des bras, des jambes, un nez, une bouche, des yeux, un sexe, … Ils sont donc égaux et symétriques. De plus, pour ceux qui considèrent que l'extériorisation du sexe masculin offre une toute puissance que ne peut avoir la femme, elle présente la hiérarchisation existante au cœur du monde animal, car les Hommes sont aussi des animaux. C'est ainsi que, par exemple, la mante religieuse domine sur le mâle, qu'elle peut manger après l'accouplement s'ils sont en captivité. Dans les essaims d'abeilles, les mâles ne sont pas aptes à participer aux travaux de la ruche, ils ne servent qu'à assurer une partie de la reproduction, reproduction au cours de laquelle ils meurent car la pénétration leur déchire l'abdomen. Ces exemples montrent bien qu'il n'existe pas plus de raison pour que l'homme soit supérieur à la femme, que l'inverse. C'est l'égalité qui doit prôner.

Simone de Beauvoir critique également la psychanalyse car celle-ci se calque sur le modèle de l'homme pour décrire la femme ; une fois encore, c'est par l'opposition uniquement que la femme peut exister pour ce qu'elle est et non simplement par écoulement de ce qu'est l'homme. De plus, la psychanalyse s'oppose au mode de pensée qu'elle défend : l’existentialisme. Cette pensée décrite par Freud est inadaptée à la société car elle pose les choses comme une fatalité, comme immuable, plaçant la femme dans un statut qu'elle ne pourrait quitter. Cela empêche l'égalité homme/femme sans pour autant la justifier.

Enfin, l'auteur s'appuie sur des données historiques pour compléter son argumentation : selon le livre de Friedrich Engels, le statut de la femme dépendrait de l'évolution des techniques : à l'âge de pierre, hommes et femmes étaient à égalité, ils partageaient, puis est venu le temps des propriétés privées où il a fallu des esclaves ; les femmes ont alors fait « office de ». La dernière ère, celle du capitalisme a empêché les femmes de se hisser à la hauteur des hommes, malgré les progrès offerts par la machine. Si l'idée lui semble intéressante, elle reste cependant incomplète car elle ne place la femme que dans un contexte économique.

Ainsi donc, les différents points de vue abordés offrent des possibilités, des réponses quant à pourquoi la femme possède un statut inférieur à l'homme, mais rien de concret ni de réellement valable en tout point. De plus, une opposition systématique entre ces deux êtres d'une même espèce est faite, pour marquer finalement l'absurdité d'une hiérarchie entre les deux et la nécessité de confronter la femme à l'homme pour qu'elle puisse exister par elle-même et ne pas être simplement une pâle copie de son homologue.

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