Le dindon

par

Pontagnac

Pontagnac est le coureur de jupons par excellence, aussi bien au senspropre qu’au sens figuré. Dès le début de la pièce, on peut identifier sapersonnalité comme telle, car il entre en scène en« poursuivant » Lucienne qui cherche à rentrer chez elle. Iltente de l’embobiner et la fatigue par ses belles paroles : « Je ne sais qu’une chose, c’est que jevous aime et que tous les moyens me sont bons pour arriver jusqu’à vous. »

Or Pontagnac est un homme marié ; son épouse, Mme Pontagnac, semble moinsfaire partie de la vie de Pontagnac que ses coquettes. Il la pousse encore plushors de sa vie en racontant des mensonges à son sujet. Lorsque les Vatelin lequestionnent à propos de sa femme, il raconte qu’elle souffre de rhumatismes etqu’à cause de cela, elle est forcée de demeurer clouée au lit. Il ne faitjamais mention d’elle volontairement, et lorsqu’un sujet qui la concerneraitest abordé, il tente de faire diversion pour diminuer son importance voire nierson existence.

Sa conduite est relativement commune chez les coureurs de jupons. L’existenced’une épouse représente un obstacle à son infatigable quête de maîtresses. Ilfait plus que regretter les liens qui l’unissent à sa femme, il semblecarrément nier sa responsabilité dans cette union : « vous savez ce que c’est !… un beau jour, on se rencontre chezle Maire… on ne sait comment, par la force des choses… Il vous fait desquestions… on répond “oui” comme ça, parce qu’il y a du monde, puis, quandtout le monde est parti, on s’aperçoit qu’on est marié. C’est pour la vie. »Pontagnac se sentirait donc emprisonné dans cette union éternelle à laquelle iln’a pas été préparé, raison pour laquelle il essaie de s’en échapper enmultipliant ses aventures. Dans le sens d’une déresponsabilisation, il évoqueaussi une impossibilité de se contrôler : « c’est plus fort que moi, j’ai la femme dans le sang ! ».

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Pontagnac >