Le Docteur Héraclius Gloss

par

Dagobert Félorme

Le docteur Gloss rencontre ce curieux personnage dans le jardin de l’asile d’aliénés. Cet individu, un « homme de haute taille portant une longue barbe et de longs cheveux blancs », aborde Héraclius Gloss en lui posant cette question : « Croyez-vous à la métempsycose ? » Gloss est aux anges : il rencontre enfin son semblable, un homme qui croit, lui aussi, à la transmigration des âmes ! Hélas, la félicité est de courte durée, puisque Dagobert Félorme affirme être l’auteur du manuscrit dont Gloss se pense lui-même l’auteur. S’ensuit une joute verbale qui tourne vite au pugilat.

La victoire reste à Dagobert Félorme, qui connaissait l’existence du manuscrit avant le docteur Gloss. C’est par ses amis M. le Doyen et M. le Recteur que le docteur Gloss apprend que « Dagobert Félorme, professeur de langues au collège de Balançon, était devenu fou en écrivant un traité philosophique sur la doctrine de Pythagore, Aristote et Platon, traité qu’il s’imaginait avoir commencé sous l’empereur Commode ». Lors du deuxième et sans doute définitif séjour de Gloss à l’asile d’aliénés, Dagobert et Héraclius prennent chacun la tête d’une faction, tant et si bien que les pensionnaires de la « maison des fous » finissent par former deux groupes irréconciliables.

Félorme et Gloss ont plusieurs choses en commun : ce sont des hommes instruits, affublés par Maupassant de prénoms pompeux qui les attachent à l’Histoire ancienne – Héraclès et la mythologie grecque pour Gloss, le roi Dagobert et les Mérovingiens pour Félorme – et qui, au hasard de leur réflexion, contractent une manie qui d’innocente devient pathologique. Félorme, comme Gloss, est une incarnation de ce qu’il est convenu d’appeler un savant fou. Il est, en quelque sorte, un double de Gloss. Le lecteur notera que le thème du double apparaîtra de manière récurrente dans l’œuvre de Maupassant, véritable leitmotiv au fil de ses romans et nouvelles. 

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