Le Liseur

par

L'illettrisme au quotidien

Même s’il est difficile de s’apercevoir de son importance au quotidien, l’apprentissage de la langue écrite est indispensable. Ce qui est devenu banal pour la majorité d’entre nous qui bénéficions d’un apprentissage scolaire adéquat peut être la cause d’un grand désarroi pour d’autres. Nous fonctionnons via la langue : pour nous déplacer, pour manger, pour travailler, pour étudier, pour nos loisirs, etc. L’écriture nous entoure à chaque instant.

On compte aujourd’hui dans le monde plus de 860 millions d’illettrés. Parmi eux, seuls 8% ont accès à un emploi. Pour Hanna, ne pas savoir lire, c’est se voir forcée de refuser des postes qu’elle mérite, notamment une promotion au sein du service des tramways ou chez Siemens. C’est d’ailleurs son analphabétisme qui l’amène à se laisser enrôler chez les S.S. Mais c’est également se priver de certains plaisirs : lorsque Michael lui propose une balade, elle est incapable de lire l’itinéraire, elle se voit alors obligée de devenir dépendante d’un autre, elle qui a un caractère si fier.

Les plaisirs de la lecture lui sont également difficiles : aucun roman, aucune nouvelle ne peuvent la transporter car les lettres ne sont pour elle que des signes abscons. Elle ne trouve son salut que dans la lecture à voix haute faite par un tiers : tout d’abord aux camps (« Nous avons appris que ces filles lui faisaient la lecture, soir après soir »), puis avec Michael.

L’absence d’éducation conduit donc, comme le montre le roman, à une forte dépendance vis-à-vis de l’autre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L'illettrisme au quotidien >