Le meilleur des mondes

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Résumé

AldousHuxley est l’auteur d’essais, de recueils de poésie, de scénarios de films etde romans. Considéré comme l’un des phares de la pensée contemporaine, Le Meilleur des mondes le fera connaître par le grand public.Huxley rédige ce roman d’anticipation en quatre mois seulement ; il paraîten 1932. Une société rigoureusement organisée en castes y est peinte ;chaque individu y est satisfait de sa condition et ne peut désirer que ce quiest à sa portée. Il s’agit donc d’une société d’apparence utopique, où chacunn’a pas vraiment le choix d’aspirer à autre chose que ce pour quoi il a étéconditionné.

 

L’histoirese déroule à Londres en l’an 632 de Notre Ford (le calendrier partant d’unenouvelle référence). L’immense majorité des gens dits civilisés vivent au seinde l’État Mondial, et seuls quelques « sauvages », vestiges desanciennes civilisations qui ont disparu après la « Guerre de Neuf Ans »,sont parqués dans des réserves spécifiques.

Lelecteur assiste à la visite par des étudiants d’un Centre d’Incubation et deConditionnement, visite prétexte pour l’auteur à exposer les fondements decette civilisation. Ici la reproduction naturelle n’a pas cours, elle a disparudepuis longtemps et désormais les êtres sont conçus et élevés en laboratoire.D’abord fœtus dans un bocal, puis enfant soumis à un conditionnement précis,chaque être est destiné à appartenir à une classe de la population :Alpha, Bêta, Gamma, Delta ou Epsilon (dans l’ordre décroissant de leur prestigeau sein de la société). Cette classe détermine les fonctions et possibilitésauxquelles l’individu pourra prétendre, et le conditionnement suit un protocolespécifique à chacune.

Aucours de la visite les étudiants assistent à des séances de conditionnement, quise font à coups de sirènes et de décharges électriques. On inculque aux enfantsla haine des livres et de la nature, considérés comme dangereux. Suit un apprentissagedes jeux érotiques par les enfants, la sexualité et les relations étantbanalisées pour ne devenir qu’un divertissement passager. Un desadministrateurs mondiaux, Mustapha Menier, horrifie les étudiants en leurparlant des mœurs anciennes, notamment de la vie de famille, et rappelle lesbienfaits d’une vie dégagée de tout foyer.

Lesbases de ce monde futuriste étant posées, le lecteur suit désormais BernardMarx, un Alpha atypique, qui travaille au centre d’incubation, et qui ne sesent pas à sa place au sein de cette société froide et mécanique. Il refuse parexemple de prendre du soma – drogue légale utilisée par tous qui provoqueun état d’euphorie –, car il considère sa consommation comme une fuite hors dela réalité, et un étouffement des sentiments.

Bernardest attiré par une infirmière, Lenina Crowne, qu’il invite à aller visiter la réservedes sauvages du Nouveau-Mexique. Lorsqu’elle accepte, il se sent intimidé –sentiment que Lenina ne comprend pas, elle qui évolue dans un mondeémotionnellement aseptisé.

Dansce monde, Bernard est en outre victime de moqueries du fait de son physique deGamma, et il s’est construit une vie solitaire, ayant pour seul ami HelmholtzWatson, un autre Alpha, maître conférencier, doté d’une intelligence supérieurelui aussi et qui se sent mal à l’aise dans ce monde.

Pourse rendre dans la réserve, Bernard a besoin de l’accord du DIC (Directeur del’Incubation et du Conditionnement). Celui-ci n’approuve pas le comportementmarginal de Bernard et songe à l’éloigner du centre d’incubation. Il luidélivre cependant l’autorisation, et lui raconte que quelques annéesauparavant, lui-même en visite dans cette réserve, la Bêta qui l’accompagnait adisparu.

Bernardet Lenina découvrent donc l’univers indiscipliné de la réserve, rencontrantmisère, maladie et vieillesse. Bernard est fasciné, sa compagne dégoûtée :nul soma ici pour aseptiser cette dure réalité. Ils font alors la connaissancede Linda, la fameuse Bêta qui a dû se porter disparue après avoir été miseenceinte par le DIC. Elle a élevé son fils naturel, John, de façon à ce qu’ilcomprenne la culture du monde civilisé et elle lui a appris à lire. Linda n’estpas acceptée au sein de cette communauté, et vit en paria dans une petitebicoque, sombrant peu à peu dans l’alcoolisme et récoltant les coups des épousesde ses amants, jalouses d’elle. John assiste à la déchéance de sa mère, et luiaussi est rejeté par les autres du fait de ses origines étrangères. Bernardpartage cette solitude avec le jeune sauvage et décide de ramener John et samère à Londres, notamment pour se servir d’eux contre le Directeur qui aexprimé son désir de le muter en Islande.

À sonarrivée à Londres, Linda reconnaît immédiatement le Directeur et se jette à soncou, mais l’homme essuie par là un terrible outrage et s’éclipse ; il serad’ailleurs obligé de démissionner par la suite. Lenina quant à elle se montrede plus en plus attirée par John, mais le sauvage refuse ses avances. Ladiscordance entre les habitudes de Lenina envers les hommes (relationsbanalisées, passagères) et les convictions de John (mariage, amour sincère)font qu’il finit par la rejeter violemment alors qu’elle lui offre son corps.Il se replie sur lui-même et ne sort plus de sa chambre, s’étant rendu comptequ’il est considéré comme une bête de foire dans ce monde, traqué qu’il est parles scientifiques qui veulent réaliser des expériences sur lui.

Parla suite John rend visite à sa mère qui a été amenée à l’hôpital après avoirfait une overdose de soma. Elle est condamnée, victime de cette drogue quipermet d’oublier mais qui en outre empoisonne à petit feu. John entre dans unerage folle et jette par la fenêtre les doses de soma distribuées par l’hôpital,bientôt aidé de Bernard et de Helmholtz appelés en renfort. Cette action n’estpas sans conséquence, et les trois semeurs de troubles sont arrêtés puis amenésdevant l’administrateur Mustapha Menier. Les deux Alpha sont envoyés sur desîles, tandis que le sauvage choisit un phare comme lieu d’ermitage.

Restéune attraction, John doit lutter pour se débarrasser des journalistes quil’assiègent. L’un d’eux réussit cependant à le filmer alors qu’il s’inflige deschâtiments corporels (il se punit de penser à Lenina), et produit un filmintitulé Le Sauvage de Surrey. Àpartir de ce moment-là, John ne vit plus en paix ; trop de curieuxl’observent sans cesse comme une véritable bête sauvage. Alors qu’il voitLenina parmi eux il se jette sur elle et l’agresse. Rongé par la culpabilité etsans plus d’espoir en ce monde, qui est loin d’être « meilleur »,comme il le pensait, John met fin à ses jours le lendemain de cet épisode.

 

AldousHuxley signe donc un livre avant-gardiste, propre à ouvrir le débat sur leslibertés individuelles et la possibilité d’action de chacun face au rôle que lasociété lui impose. Huxley reviendra sur son livre vingt-cinq ans après saparution dans l’essai Retour au Meilleur des mondes, où il souligne l’avancée de la sociétéactuelle vers celle que dépeint son roman.

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