Le portrait de Dorian Gray

par

La suprématie de la jeunesse de la beauté

Le Portrait de Dorian Gray aété publié en 1891, période qui correspond au mouvement littéraire dit« fin de siècle », caractérisé par une tendance à l’esthétisme, donnantlieu à la recherche d’une perfection physique, dans les mœurs et les pensées.Il se double d’un courant dit décadentiste, qui prône une conduite amorale,dénuée de toute croyance et de toute valeur, excepté celle d’une vie faite deplaisirs et de réalisation du moindre de ses désirs. Une grande importance estaccordée au bon goût ; ainsi s’attache-t-on à définir ce qui vaut la peined’être admiré et ce qui ne la vaut pas.

Onretrouve d’abord ce courant dans l’œuvre d’Oscar Wilde au travers des parolesde Lord Henry qui prône la beauté et la jeunesse, affirmant que ces deuxcaractéristiques sont les deux seuls éléments qui ont de la valeur sur cetteterre. Les personnages, d’abord Lord Henry puis Dorian Gray, vivent dans unluxe foisonnant et n’ont de cesse de s’intéresser à tout ce qui a trait à labeauté et au plaisir délicat. Leur vie est rythmée par les repas fins et lesspectacles, mais ils trouvent également leur bonheur dans des plaisirs moinsmoraux, comme l’ivresse procurée par l’opium et le bon vin. Ce comportements’adjoint à un fétichisme autour de la jeunesse, à laquelle il faut s’attacherdésespérément en s’entourant de beaux objets et de belles personnes censéesirradier la beauté qu’on ne possède plus. Pour ce qui est de Dorian Gray, sonvœu insensé de rester éternellement jeune et de faire vieillir son portrait àsa place est la manifestation concrète de cette peur de la vieillesse, et de cemépris pour le temps qui passe.

« Pendant toute une année, Dorian se passionna àaccumuler les plus délicieux spécimens qu’il lui fut possible de découvrir del’art textile et de la broderie ; il se procura les adorables mousselines deDelhi finement tissées de palmes d’or et piquées d’ailes iridescentes descarabées ; les gazes du Dekkan, que leur transparence fait appeler en Orientair tissé, eau courante ou rosée du soir ; d’étranges étoffes historiées deJava ; de jaunes tapisseries chinoises savamment travaillées ; des livresreliés en satin fauve ou en soie d’un bleu prestigieux, portant sur leurs platsdes fleurs de lys, des oiseaux, des figures ; des dentelles au point deHongrie, des brocards siciliens et de rigides velours espagnols ; desbroderies géorgiennes aux coins dorés et des Foukousas japonais aux tons d’orvert, pleins d’oiseaux aux plumages multicolores et fulgurant. »

Envouant ainsi un culte à la jeunesse et à la beauté, les personnages tentent partous les moyens de tromper le temps et d’oublier leur condition mortelle.  

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