Le Roman comique

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Résumé

Considérée comme l’œuvre majeure de l’écrivain français du XVIIe siècle Paul Scarron, Le Roman comique voit sa première partie parue en 1651 et sa seconde en 1657, tandis que l’écrivain en était à la troisième partie quand il rendit son dernier souffle.

Le roman, d’un style direct, commence par l’annonce de l’arrivée d’une troupe de comédiens au Mans avec une charrette tirée par quatre bœufs rachitiques ainsi qu’une jument poulinière. Aussi comiques que cette description, les apparences des personnages sont décrites par l’auteur avec autant d’humour que d’ironie. Ainsi, la demoiselle sur la charrette était « habillée moitié ville, moitié campagne » tandis que le jeune homme qui marche à côté du véhicule paraît être un drôle de chasseur et que le vieil homme aux côtés de celui-ci, malgré son accoutrement plus régulier, semble « une grosse tortue qui marchait sur les jambes de derrière. »

À la demande du lieutenant de prévôt La Rappinière, le jeune homme présente sa troupe sans omettre de préciser qu’ils sont comédiens ; son nom de scène est le Destin, celui du vieillard la Rancune et celui de la demoiselle la Caverne, ce qui fait rire autour d’eux. Des coups de poings s’ensuivent avant que La Rappinière ne reprenne la conversation, lui que l’auteur décrit comme le rieur de sa ville. C’est de cette manière qu’on apprend que la troupe était jadis nettement plus fournie mais qu’un malheureux concours de circonstances les obligea à se disperser.

Toutefois, la Rancune tint à affirmer qu’ils auraient grand plaisir à divertir la ville pendant un certain moment avant de rejoindre Alençon, leur lieu de rendez-vous. C’est ainsi que l’on veut bien offrir des vêtements aux trois comédiens et leur permettre un moment de détente avant de faire place à la comédie qu’il joue au tripot : La Marianne, de Tristan L’Hermite.

Les trois personnages sont d’excellents comédiens mais la pièce finit tout de même d’une autre manière que la mort de Marianne car il est question, encore une fois, de coups de poings.

Après l’incident du tripot, les comédiens ont encore à affronter un groupe d’hommes armés d’épées, attaque qui se passe sous le nez de la Rappinière qui demeure impuissant et surtout fasciné par l’agilité du comédien dit le Destin. Plein de reconnaissance pour sa bravoure, la Rappinière invite les trois comédiens à loger chez lui.

Néanmoins, la Rappinière, n’ayant pas pour habitude de recevoir, a habitué sa femme à servir un potage aux choux pour dîner. Et alors qu’il veut donner discrètement de l’argent à son valet pour acheter de quoi souper, tout le monde le remarque car l’un ou l’autre le fait tomber.

Ce n’est pas le seul incident qui embarrassa la Rappinière car éveillé de son sommeil accentué par l’ivresse, il croit reconnaître en une chèvre sa femme, qu’il pensait être allée rejoindre un des acteurs. Le matin, enfin bien réveillé, la Rappinière interroge la Rancune à propos de son jeune collègue, ce à quoi ce dernier répond que le Destin n’a pas appris la comédie et que lui, la Rancune, est meilleur que cet homme. D’ailleurs, il ajoute qu’il s’agit d’un personnage ingrat et que l’on ne sait même pas d’où il vient.

Ce même jour, la Rancune doit coucher dans un établissement voisin car le valet de la Rappinière, grièvement blessé, ne peut partager son lit avec lui ; il perdra d’ailleurs la vie. Avant toutefois de mourir, Doguin, le valet, s’excuse plusieurs fois auprès du Destin alors que celui-ci pensait ne rien avoir à lui pardonner.

Plus tard, ils apprennent par deux autres comédiens, l’Olive et le valet du Destin, que le reste de la troupe est arrivé, exceptée la comédienne dite l’Étoile.

Après les dispositions prises pour aller chercher cette dernière, la troupe se trouve à nouveau réunie au Mans, et un « petit homme veuf, avocat de profession, qui avait une petite charge dans une petite juridiction voisine », dit Ragotin, ne laisse d’autre choix au Destin et à ses collègues que de leur conter une histoire. L’auteur ne manque pourtant pas de souligner qu’il s’agit de sa propre narration et non de l’histoire comme aurait pu la raconter ce godenot. Toutefois, il note qu’après sa narration, Ragotin récolte les applaudissements de tous.

Bagarre et confusion s’enchaînent une fois encore. Par ailleurs, à la suite d’une divergence d’opinion entre Ragotin et le Destin, la Rancune choisit d’appuyer ce premier, ce qui lui vaut une invitation de celui-ci au cabaret et tous deux s’enivrent beaucoup.

Si d’autres sont réunis par une même passion pour l’alcool, il en est autrement de certains comédiens comme Angélique, la fille de la Caverne, qui considère le Destin et l’Étoile comme les membres de sa fratrie, sa mère aimant le comédien comme son propre fils. Sans connaître toute leur histoire, Angélique a compris qu’une relation plus forte que des liens fraternels lie le Destin et l’Étoile, même s’ils s’appellent frère et sœur en public. Quant à ces derniers, ils rendent bien leur amitié à ces deux femmes.

À ce moment, on comprend que le Destin et l’Étoile subissent les persécutions d’un ennemi commun qu’ils n’ont cessé de fuir. D’ailleurs, le Destin est sur le point de découvrir leur situation aux deux femmes quand il doit s’interrompre pour mettre fin à une bagarre générale.

Finalement, le Destin trouve le temps de faire à la Caverne et à Angélique son récit en leur révélant, entre autres, qu’il s’appelle Garrigues et que l’Étoile, qu’il aime, se nomme en fait Mlle de La Boissière.

Si ces deux amoureux choisirent de devenir comédiens, c’est surtout pour pouvoir déjouer les mauvais plans de cet ennemi, un certain Saldagne, être débauché dont l’attirance pour l’Étoile est sans bornes.

D’autres histoires suivent, comme celle de l’enlèvement du curé de Domfront, et d’autres mésaventures adviennent à la troupe de comédiens, à quoi s’ajoutent les nouvelles qu’ils ont l’occasion de lire comme celle de Dorothée et de Feliciane de Montsalve dans le chapitre intitulé « Les deux frères rivaux ».

Burlesque à souhait, Le Roman comique demeure une façon d’illustrer certaines mœurs de l’époque dans une atmosphère rieuse malgré la grossièreté de certains personnages ou encore la difficulté de quelques situations. On en vient à regretter de ne pouvoir connaître la fin de l’histoire puisque l’auteur n’a pu achever son œuvre.

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