Le Roman de la Rose

par

Biographie de Jean de Meung

Éléments biographiques sur Jeande Meung

 

Jean de Meung (ou Meun) est le trouvère ou poète qui au XIIIesiècle a donné une longue continuationau Roman de la Rose entamé parGuillaume de Lorris quarante ans plus tôt. Celui qui s’est d’abord appelé JeanChopinel (ou Clopinel) est né vers 1240à Meung, commune sur la Loire, vingt kilomètres en amont d’Orléans. Il auraitétudié à l’Université de Paris,ville où il aurait résidé la majeure partie de sa vie. C’était un clerc savant, resté en rapport avec lemilieu universitaire.

Entre 1270 et 1285, il complète de plus dedix-huit mille vers Le Roman de la Rosede Guillaume de Lorris. Il fut en outre l’un des premiers traducteurs français. On dispose ainsi de ses traductions des Lettres d’Héloïse et d’Abélard, dutraité Deconsolatione philosophiae (Consolation de Philosophie) du philosophe latin Boèce (Ve-VIesiècles) et de l’Epitoma rei militaris (Le livre de Végèce de l’art de chevalerie) de l’écrivain romain Végèce (IVeVe siècles).Plusieurs de ses travaux sont cependant perdus.

 

La seconde partie du Roman de la Rose

 

Dans les plus de dix-huit mille octosyllabesqu’il ajoute au poème inachevé de Guillaume de Lorris, Jean de Meung change largement de ton, de style et d’ambition,même s’il conserve le ballet desallégories et le motif de la quête.Il reprend le récit au moment où le héros de Guillaume de Lorris étaitdésespéré et lui apporte une consolation philosophique. C’est en effet un universitaire qui reprend la plume, coutumierdes débats d’idées, privilégiant la disputatio à la narratio, et l’essentielde ses ajouts apparaissent comme des digressions(deux mille vers pour le discours de la Nature), reposant sur une pensée dialectique capable de traduire lapluralité du monde et la diversitédes êtres. Le poète réfléchit parexemple aux origines de l’inégalité, du pouvoir, de la culture, des arts, àl’arbitraire du signe. Cette partie contient aussi des développements sur les connaissances scientifiques du temps,sur l’alchimie, la cosmographie, ou par exemple la propriété des miroirs.

Jean de Meung se montre audacieux et livre en outre une satire de la noblesse, du Saint-Siège, des agissements des ordres mendiants,mais surtout des femmes, du célibat comme du mariage, et plus généralement de l’inconduite des hommes. Il raille aussi la croyance en lasorcellerie et de manière générale les superstitions.Il condamne les discours précieux, les exigences de la fin’amor, les perversions qu’elles engendrent, et questionne la nature de l’amour, versantvolontiers, à l’occasion, dans le cynisme,comme lorsqu’il livre sans fard les ruses de la séduction et de la coquetterie.Il semble avoir pour dessein de rétablirla dignité de la sexualité humaine, en ressaisissant le lien voulu par Dieuentre Amour et Nature, en mettant en avant le devoir de procréer, considéré comme la véritable fin dernière del’amour inspiré par la beauté.

Il apparaît aussi bien comme un antiféministe qu’un défenseur de la liberté sexuelle. Ses pensées audacieuses,sa poésie métaphysique, opposée àcelle purement courtoise de Guillaume de Lorris, valurent à Jean de Meungd’être parfois qualifié d’hérétiquepar ses détracteurs.

Le grand succès du Roman de la Rose au fil des siècles est attesté par le grand nombre de manuscrits à nous être parvenus. Il est aujourd’hui considéré commefondateur de la littérature française.

 

« Jadisau tens des prumiers peres

Et de nozpremereines meres,

Si con lalettre le tesmoigne,

Par cuinous savons la besoigne,

Furent amoursleaus et fines,

Sanzconvoitise et sanz rapines,

Et lisiecles mout precieus. »

 

Jean de Meung, Le Roman de la Rose, 1270-1285

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