Le Roman de la Rose

par

L’univers de la courtoisie

LeRoman de la Rose est le roman courtois parexcellence. Si beaucoup s’attachent à ne reconnaître que les épopéeschevaleresques de Chrétien de Troyes comme seules véritables leçons de courtoisie,cette œuvre en vers peut être cependant qualifiée de la « plus fidèle » desleçons de l’art d’aimer médiéval, carelle prend directement la succession de l’Arsamatoria du poète Ovide. Celui-ci, dans la Grèce antique, s’était mis endevoir d’établir une forme de pensée particulière relativement à l’amour,développant l’idée qu’une conquête amoureuse ne peut être parfaite et l’amourqui va s’ensuivre ne peut porter de fruits heureux si le processus préalable nes’est pas déroulé suivant certaines règles précises.

Ainsi, Le Roman de la Rose donne une suite à cet ars amatoria en proposant une histoire d’amour supposée concentrertoutes les qualités, toutes les étapes nécessaires à l’accomplissement, à laconsécration d’un amour parfait.

Ainsi, l’Amant, en pénétrant dansle jardin du dieu Amour, va recevoir de celui-ci toutes les recommandationsnécessaires s’il veut conquérir en bonne et due forme le cœur de sa bien-aimée,le bouton de rose. Tout d’abord, le Dieu lui adresse des conseils quant à sonlangage : l’homme ne doit pas brusquer sa belle par des paroles qui pourraientl’offenser ou l’avilir. Les mots qu’il prononcera devront toujours êtreproférés dans l’optique de procurer douceur et plaisir aux oreilles de sa dame,sans jamais l’irriter. L’amour courtois revêt donc l’exigence d’un parlercultivé, raffiné et doux, une tempérance qui ne fera jamais proférer aulocuteur une parole malencontreuse, au risque que la femme courtisée neréplique : « Je ne tiens pas acourtoys l’homme / Qui ordre chose et laide nomme. »

L’habillement constitue égalementune composante de l’amour courtois. La « robe », en d’autres termesl’habit médiéval, ne doit pas bailler, mais doit avoir une bonne tenue etrévéler la qualité de la personne qui la porte. Ainsi, une tenue négligée feraécho à un tempérament de même nature, d’où l’importance accordée àl’habit : « Belle robe et biaugarnement / Amendent les gens durement : / Et si dois ta robe baillier / Àtel qui sache bien taillier ».Enfin, Guillaume de Lorris insiste sur l’importance accordée aux dons, auxcadeaux dont l’Amant doit sans cesse régaler sa promise. La couvrir de biensmatériels serait donc une des manières les plus efficaces et courtoises degarantir la pérennité de l’amour qui s’ensuit. Toutes ces recommandations,appliquées par l’Amant à sa conquête du bouton de rose, sont donc supposées luiouvrir toutes grandes les portes de l’idylle, situation qu’il atteint à la findes 22 000 vers.

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