Le soleil des Scorta

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Les tentatives de réhabilitation, licites et illicites, la force de la famille

Rocco est un criminel, il vole, il pille la région de nombreuses années durant, mais n’agit pas que pour lui-même, il agit pour fonder une famille et ainsi pouvoir subvenir aux besoins de ceux qui l’entourent, construire une maison et tout ce qui va avec, ce qui représente un mal pour un bien. Né sans famille, et d’une lignée maudite, Rocco tente de s’en sortir comme il le peut, sans exemple paternel, sans éducation, sans perspective de réussite, ne désirant pas devenir pêcheur à son tour. Il se marie avec la muette, une jeune femme sourde et muette, et aura trois enfants. C’est là que joue le rôle très important de la famille, qui représentera la force de ses enfants, et la quête de Rocco. La famille définira les Scorta, et permet de les unir quoiqu’il arrive. ‘’ Ce nom des Scorta suffisait à leur tenir chaud ‘’. Le fait de prendre soin d’une famille, comme il peut permet de se réhabiliter aux yeux des autres, même si les parents d’élèves de l’école du village interdisaient à leurs enfants de jouer avec les Scorta.

Cependant, la richesse amassée par Rocco ne servira pas aux enfants, en effet ce dernier décide de la léguer à son village, en accord avec le prêtre qui lui a sauvé la vie, pour que lui et sa famille soient respectés dans le village, et que leur nom ne soit plus lié au mal, et qu’ils soient enterrés comme tous les autres, dans le cimetière. C’est une manière pour lui de réhabiliter la famille. Il désire, et même exige en retour que toute la famille, et les générations futures soient enterrés, si ce n'est comme des princes, au moins de façon digne et respectueuse, et non comme des personnes répugnantes. '' Ils ne respectent que l'argent. Cloue-leur le bec en enterrant les plus pauvres d'entre eux avec les honneurs dus aux seigneurs. Et que tout Montepuccio enlève son chapeau devant la procession des Mascalzone. '' Dans une région ou la pauvreté règne sans partage, les habitants locaux respectent l'argent, et le pouvoir qui en découle.

Les trois enfants, surnommés les taciturnes par le village, laissés dans la misère par leur père qui a tout légué, pour rien (il ne sera pas enterré au cimetière) vont devoir travailler dur pour s’en sortir. Ce silence, c'est leur force, c'est un genre de pacte qu'ils passèrent, '' que les choses soient dites '', afin que la vérité triomphe, mais ne jamais trop en dire. Ils débutent mal, démunis, avec un nom qui leur colle à la peau et qui les empêche de faire ce qu’ils veulent, d’être embauchés dans la région, ils tentent leur chance aux USA ( grâce à des billets de bateau payés par l'église locale, pour traverser l'océan atlantique, de Naples vers NYC ) , où la sœur ne passe pas l’examen de santé, ils doivent revenir après des mois de galère, de pauvreté, le sort s’acharne contre eux et ils reviennent bredouille, sans projet. Le fait de ne pas être riches au départ peut paraître comme une malchance, la vie étant plus confortable avec de l’argent, mais le père, avait décidé qu’ils devaient s’en sortir, honnêtement, conscient que le fait de vivre avec cet argent ne les aiderait pas à se réhabiliter, et que cet argent sale alimenterait la malédiction, tel un cercle vicieux. Il n'y a pas vraiment de solution évidente en Italie, mais le rêve américain n'est pas non plus possible pour eux, comme si le destin et la fatalité les poursuivaient, partout, où qu'ils soient.

Ils devront mettre en commun leur force, celle de la famille, leur fraternité fusionnelle pour faire du mieux qu’ils peuvent pour se surpasser, sortir de la pauvreté et réhabiliter leur nom au sein du village, s’y faire une place et devenir une famille respectée, notamment en s’installant dans le centre, en reprenant des commerces, des bureaux de tabac, en redonnant un peu de vie au village et à relancer en quelques sortes l’économie locale, ce qui fera du bien à tout le monde.

Cette force de la famille les fait travailler tous ensemble, contre le destin maudit, contre les préjugés qui faisaient d’eux des parias. Ils ont réussi par le travail, en étant honnêtes, en retrouvant leur honneur aux yeux de tous. Cette force de la famille se retrouve à la fin du roman, la preuve que même en se mariant, on reste unis aux autres, la sœur Carmela se mariera avec un des meilleurs amis des frères, devenu quasiment leur propre frère, elle restera à proximité, comme pour montrer que l’on ne quitte pas les siens. Une autre preuve est que lorsque son mari décède, Manuzio, ‘’ Personne ne sait qui est la veuve Manuzio.’’ , elle est restée pour tous une Scorta, et d’ailleurs, lorsqu’elle mourra, tout le monde dira ‘‘La sœur des Scorta est morte.’’

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