Le vieux qui lisait des romans d'amour

par

Nushiño

Nushiño est l’ami d’Antonio José Bolivar. Il fait partie du peuple des Shuars et son physique puissant en témoigne : « la taille étroite et les épaules larges, il défiait à la nage les dauphins du fleuve et il était toujours d’excellente humeur ». Il fait ainsi preuve de la joie de vivre et de l’insouciance qui caractérisent un homme fidèle à ses valeurs et vivant en harmonie avec son environnement, à l’image de l’ensemble des Shuars. Un jour de chasse, il sauve Antonio d’une morsure de serpent qui aurait dû lui être mortelle, et le miraculé contracte alors une dette envers son compagnon.

Mais le lecteur n’aura que peu l’occasion de le connaître puisqu’il trouve la mort au chapitre 3, du fait de la frénésie de quelques blancs ayant raté le dynamitage d’une retenue d’eau, et qui dans le vacarme qui s’ensuit, nerveux, tirent sur les indigènes venus voir ce qui se passait. Or, l’une des victimes se trouve être Nushiño. Ses derniers mots, adressés à Antonio, sont : « Sale manière de partir. […] Tant que sa tête ne pendra pas à un pieu, j’irai comme un triste perroquet aveugle me cogner aux arbres. Aide-moi, frère. » Antonio comprend alors que l’heure de payer sa dette est venue, et il abat le blanc responsable de la mort de son ami. Cependant, ce meurtre sonne le glas de sa vie chez les Shuars, car ce faisant il bafoue leurs traditions en abattant l’homme non pas avec une fléchette de curare, mais avec un fusil, ce qui empêchera l’âme de Nushiño de trouver jamais le...

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