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Le ton de la pièce

Le tonde la pièce est sombre. Une ambiance malsaine peut interloquer le spectateur. Ilen va tout d’abord de la pression psychologique qui étouffe le personnage, enraison du contexte historique et du judaïsme de Freud.

Lesnazis sont perçus comme une masse de personnages grossiers, arrogants, etpuissants – une combinaison dangereuse qui donne naissance aux horreurs bienconnues de l’occupation allemande et du traitement réservé aux Juifs. Unexemple de cette contrainte dont le personnage de Freud est la victime est ledocument qu’on lui fait signer. Freud est enfermé dans une situation insoutenable.Il ne peut se résoudre à fuir en abandonnant Anna, mais rester plus longtempsrevient à mettre en danger le reste de sa famille.

« La scène représente le cabinet dudocteur Freud, au 19 Bergasse, à Vienne. C’est un salon austère aux murs lambrissésde bois sombre, aux bronzes rutilants, aux lourds doubles rideaux. Deux meublesorganisent la pièce : le divan et le bureau. Cependant, délaissant cet extrêmeréalisme, le décor s’évanouit à son sommet ; au-delà des rayons de labibliothèque, il s’élève en un magnifique ciel étoilé soutenu, de-ci de-là, parles ombres des principaux bâtiments de la ville de Vienne. C’est un cabinet desavant ouvert sur l’infini. »

Deplus, l’enfermement est mis en scène d’une façon bien plus tangible. Tout aulong de la pièce, la règle de l’unité de lieu est respectée. Les personnagesrestent dans le même immeuble du début à la fin, et ceci s’ajoute à la peur queressent Freud pour contaminer toute la pièce d’une atmosphère de terreur. On abien le sentiment que le personnage veut partir, mais qu’il ne le peut pas. Lefait qu’il n’y a pas d’empêchement physique de la liberté de mouvement dans lapièce renforce le sentiment que le personnage est privé de sa liberté sur leplan psychologique. Bien qu’il veut s’en aller, et bien qu’il en ait lesmoyens, il ne le peut pas.

Ledocument qu’il ne veut d’abord pas signer stipule : « Je soussigné, professeur Freud,confirme qu’après l’Anschluss de l’Autriche avec le Reich allemand, j’ai ététraité par les autorités allemandes, et la Gestapo en particulier, avec tout lerespect et la considération dus à ma réputation scientifique, que j’ai pu vivreet travailler en pleine liberté, que j’ai pu continuer à poursuivre mesactivités de la façon que je souhaitais, que j’ai pu compter dans ce domainesur l’appui de tous, et que je n’ai pas la moindre raison de meplaindre. »

 

Malgréles quelques pointes d’humour noir, la pièce garde un ton tragique. Il s’agitd’une tragédie qui s’inspire des tristes événements historiques de la Seconde Guerremondiale ; d’une tragédie qui met en scène un père face au dilemmeimpossible de sauver une partie de sa famille au détriment du reste ;mais également d’une tragédie qui montre les certitudes d’un homme s’effriterface aux épreuves de l’existence.

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