Les caves du Vatican

par

Résumé

Le récit des Caves du Vatican s’ouvre sur un nom : Anthime Armand-Dubois, un franc-maçon. Son nom constitue le titre du livre premier de cetteœuvre qui en compte cinq. Nous sommes vers 1890 sous le pontificat de Léon XIIIet Anthime Armand-Dubois est invitéà Rome par un docteur reconnu dont le nom n’est pas révélé. Julius Baraglioul, le beau-frère dufranc-maçon, estime que ce dernier, dont l’âmeest impure, a grand besoin de ce séjour à Rome pour se rapprocher de Dieu etguérir son âme. Seulement, Armand-Duboisse moque de lui car les préoccupations religieuses ne l’intéressent pas.Même son épouse Véronique,pieuse, a fini par céder à ses pensées et n’espère plus qu’un miracle pourraviver la foi de son époux. Son désir est loin de se réaliser car dès qu’ilss’installent à Rome, son époux s’adonne aux recherches scientifiques tandisqu’elle continue de mener une vie de prières et de dévotion.

Le couplepartage le même toit mais chacun mène sa vie de son côté, comme des étrangers.Ils occupent un appartement dans lequel l’orangerie sert de laboratoire à Anthime et la terrasse de jardin àson épouse. Elle s’y rend en passant silencieusement par le laboratoire tout enévitant de regarder son époux. Ce dernier, après chacun de ses allers-retours,claque violemment la porte. Beppopasse tantôt pour prendre la liste de leurs commissions. Cet enfant, âgé dedouze à treize ans, mal vêtu, sans parents ni toit, a été remarqué par Anthime dès leur arrivée à Rome et ila dès lors sollicité les services du gamin pour dix sous par jour. Au début, Véronique ne l’apprécie guère maisfinit par l’accepter et c’est même lui qui l’accompagne au marché certainsjours où Caroline, la bonne quele couple a emmenée avec eux depuis Paris, est trop occupée par le ménage. Beppo, de son côté, n’affectionne pasparticulièrement Véroniquecontrairement à son époux qu’il admire, et à qui il fournit souvent des« victimes » pour ses expériences.

Anthime, comme lespsychologues et autres chercheurs, provoque des tropismes. Il a mis sur pied unsystème qui l’aide dans l’exploitation de ses « victimes ». Sonsystème devient célèbre notamment en Allemagne et ses écrits suscitent d’âpresdébats. Tandis que ses collègues se déchirent, lui explore d’autres voies.Chaque jour, à midi, il inscrit sur un tableau les résultats d’une nouvelleexpérience qu’il mène depuis peu de temps.

Le jubiléapproche et le couple Baraglioul,Julius et Marguerite, vient rendre visite aux Dubois à Rome. Anthime sort afin d’acheter unecravate pour l’occasion. Il sort très peu et c’est souvent son épouse qui luifait ses emplettes. Cet homme mal rasé, au physique pas très avantageux, estaffublé d’une loupe, une excroissance cachée tant bien que mal par des cheveux.Un morceau de sa cravate se détache ; il appelle son épouse et lui demandede la réparer. Véronique, unefemme forte, entêtée et souriante, accourt et s’exécute ; son maril’observe. Il pense que ce n’est pas une mauvaise épouse et qu’il aurait puconnaître bien pire. Une fois son travail achevé, il la remercie et elle s’enva. Il enfile sa cravate.

Il estmidi et c’est l’heure pour Anthime,comme depuis quinze jours, de peser ses rats, qu’il affame depuis quatre jours.Les résultats de la pesée le choquent et il rappelle immédiatement son épousequi avoue sans difficulté qu’elle a nourrit les rongeurs. Il entre dans unecolère noire et se met à crier. Elle vient de fausser les résultats de cetterecherche que l’un de ses collègues doit présenter à l’Académie des Sciences.Il déchire les feuilles sur lesquelles il marque quotidiennement, depuis quinzejours, les résultats de son expérience. Il demande à Véronique de ne plus passer par son laboratoire pour rejoindrela terrasse mais d’emprunter dorénavant l’escalier de la cour. Elle se montreravie de cette décision et avoue qu’elle a horreur de passer par le laboratoirede son époux. Cependant, car il veut montrer aux Baraglioul l’image d’un couple uni, serein, il devient bientôtplus conciliant.

Véronique sechange puis se rend à la gare pour accueillir sa sœur et son beau-frère. Restéseul, Anthime se rase, recolleminutieusement les morceaux des feuilles qu’il a déchirées et commence àrecopier les résultats. JuliusBaraglioul, deuxième enfant d’une famille noble originaire de Parme, estun romancier célèbre, académicien, qui mène depuis son mariage une vie rangée.De manière générale, Anthimen’aime pas les nobles, leur fortune, leurs manières, mais il apprécie le côténaturel de son beau-frère. Les invités d’Anthimearrivent et il descend pour les accueillir. Son beau-frère, très frais, n’avisiblement pas du tout été épuisé par le voyage tandis que son épouse, toutedéfaite, au bras de Véronique,couvre avec un mouchoir son œil à l’intérieur duquel un charbon aurait pénétrépendant le voyage. Julie,l’enfant délicieuse du couple Baraglioul,âgée de neuf ans, ferme la marche avec la bonne du couple ; toutes deuxsont silencieuses.

Caroline, qui a uncaractère déplaisant, rejette machinalement l’offre d’Anthime d’aller quérir un médecin. Elle condamne son époux quin’aurait, paraît-il, pas su comment lui faire sortir la chose indésirable qui apénétré dans son œil. Anthime proposede le faire et tous montent dans l’appartement. Il réussit à extirper de l’œilde sa belle-sœur l’élément indésirable puis chacun se retire. Ensuite, ildécide de passer du temps avec sa nièce qu’il n’a pas vu depuis fort longtemps.Il l’interroge sur la chaînette qu’elle porte et s’étonne de sa répartie. Ilest mécontent des médailles attachées à la chaînette et renvoyant à des saints.Marguerite, sans doute soucieuse de l’influence de son beau-frère sur sa fille,envoie la bonne la quérir.

Le soir,le dîner se déroule plutôt bien, on papote, on s’enquiert de la situation desuns et des autres, on complimente Véroniquesur la qualité des plats, jusqu’à ce qu’Anthimeet Julius abordent ledernier roman de celui-ci. Anthimene l’aime pas mais se sent vexé lorsque son beau-frère souligne qu’il savaitque son roman ne lui plairait pas. L’atmosphère autour de la table s’échauffecar on touche aux opinions religieuses d’Anthime.Ce dernier explose face à Véronique,Marguerite et Julius qui essaient de lui montrer lebien-fondé de la prière, de la religion. Il s’en va en claquant la porte. Cedépart brusque jette un froid. Margueriteplaint sa sœur et cette dernière requiert que le dîner soit terminé paisiblementaprès avoir répondu à Juliusqui lui a demandé la destination d’Anthime.Elle lui dit que son époux est allé à son laboratoire. En fait, il a d’abordpénétré dans son laboratoire puis a regardé en direction du balcon et là, en l’espaced’un instant il a pensé à se suicider. Il se ravise très vite et quitterapidement le lieu en renonçant à son idée.

Commeelle l’a avoué à son mari tantôt, Véroniqueà récemment fait brûler des cierges et prié pour son blasphémateur de mari ;elle le fait très souvent devant la Madone. Anthime, qui passe devant la statue et voit les cierges quibrûlent à son intention, sent sa colère se raviver. Beppo, qui vit dans les environs, sans toit, l’a vu et accourt.Il le salue poliment mais Anthimene répond pas. Il saisit l’adolescent par les épaules et lui fait uneproposition indécente qui le fait trembler. Malgré le billet de cinq liresqu’il lui tend, Beppo n’a pasl’intention de souiller ce lieu sacré où il vit depuis quelque temps à la belleétoile. Il refuse donc la proposition. Face au refus de l’enfant, Anthime décide de faire tomberlui-même les cierges. Sa tentative est maladroite et il brise une partie de lastatut qu’il décide de conserver ; il la ramasse et la glisse dans sapoche avant de rentrer chez lui. Il souhaite se mettre au lit sans saluerpersonne.

Alorsqu’il est sur le point de pénétrer dans sa chambre, il entend une voix quivient de la chambre voisine dont la porte est entrouverte ; il s’agit de Julie qui prie entourée de Marguerite, Julius et Véronique.Elle prie pour tout le monde et Anthimen’entendant pas son nom lui demande ironiquement si elle n’a pas l’intention deprier pour lui. À la surprise générale, l’enfant demande aussitôt à Dieu larédemption des péchés de son oncle ; ce dernier est atteint de plein fouetpar la prière de l’enfant. Il fait ensuite un songe où la Sainte Vierge, tellela statue à laquelle il a arraché l’avant-bras avec sa béquille, vient levisiter et lui dit qu’elle n’a pas besoin de son avant-bras pour le guérir. Cesonge le trouble profondément. Puis, stupéfait, il se lève : il n’a plus besoinde sa béquille, il est guéri de son infirmité. Quinze minutes après, sacompagne se réveille et ne le trouve pas à ses côtés, puis voyant sa béquilleau chevet du lit, elle s’inquiète et se met à le chercher. Elle le trouveagenouillé dans la douche, le morceau de la statuette à la main ; il lebaise et l’inonde de ses larmes. Sa femme manque défaillir lorsqu’il se lève et s’approche d’elle en marchantavec assurance. Ensuite, il la saisit et lui dit que dorénavant ils prierontensemble. La nouvelle de sa conversion se répand vite et atteint bientôt leVatican. Le père Anselme pensequ’il est de son devoir de prêcher, surtout que sa science et ses recherchesont sûrement détourné de nombreuses âmes de la voie divine. Bien qu’Anthime ne soit pas réfractaire àl’idée de partager son expérience, il craint fort d’être ruiné, car c’est la Logequi protège ses intérêts financiers, notamment en Égypte où il a une maison. Ilen parle au père Anselme qui,ignorant jusque-là l’appartenance d’Anthimeà la franc-maçonnerie, pense que l’éclat du miracle dont il a étél’objet n’en sera que plus rehaussé. Elle est donc très vite révélée dans lesjournaux. Il rassure également Anthime sur laquestion financière en soulignant que l’Église subviendra à tous ses besoins.Durant la cérémonie du Jubilé, Anthimeest au centre de l’attention et on établit même des similitudes entre sonexpérience et celle d’autres chrétiens illustres. Seulement, les critiquesnégatives sur sa confusion ne tardent pas à fuser et il accuse sereinement lecoup, tout comme Julius quisupporte parfois les foudres à sa place. La compensation financière promise parl’Église n’arrive pas, il est ruiné et la Loge l’a abandonné. Suivant leconseil du père Anselme, il seretire à Milan avec son épouse.

 

Ledeuxième livre s’intitule « Julius de Baraglioul » et s’ouvre sur unecitation « Puisqu’il ne faut jamais ôter le retour à personne. »Après leur visite à Rome, les Baraglioulretournent chez eux à Paris. On est le 30 mars à minuit. Pendant que Marguerite se prépare à aller au lit,Julius va à son bureau où ducourrier en retard l’attend, notamment une lettre de son père qu’il s’empressed’ouvrir. Agénor Baraglioul ditne plus avoir de force et sent que son heure est proche. Il demande à son filsde se rendre à une adresse pour y collecter discrètement des renseignements surun jeune Roumain âgé de dix-neuf ans nommé Lafcadio Wluiki. Il ajoutequ’il serait vraiment regrettable, après les opinions qu’il a défendues dansson dernier roman, que Juliusn’entre pas à l’Académie.

Le dernier roman de Julius, L’Air des Cimes,fait l’objet de sévères critiques et les journaux qu’il consulte cettenuit-là ne l’épargnent guère. Il est pensif. Iln’a pas sommeil et même la tisane qu’il prend n’a plus d’effets sur lui. Sansle faire exprès, il réveille son épouse et il se plaint de la critique acerbedont son père l’a accablé dans sa missive ; il ne comprend pas pourquoi lesjournaux le critiquent à ce point. Marguerite l’exhorte d’oublier car comme il l’alui-même souvent souligné, il n’écrit pas pour obtenir une récompense.Seulement, Julius est excédé etn’arrive pas à se calmer. Il quitte la chambre.

Il se demande à présent si les compliments qu’il asouvent reçus étaient sincères. Après s’être brossé les dents, il retourne dansla chambre et commence à répondre à la lettre de son père. Il lui réitère sonaffection et lui promet de s’acquitter de la mission qu’il lui a confiée. Lasuite de la réponse ne le satisfait pas, il froisse le papier, le jette et semet au lit.

Il se rend à l’adresse de Lafcadio Wluiki afin d’y mener l’enquête demandée par son père. L’immeublerépugne Julius, il est sale etdégoûtant pour ce noble habitué aux lieux somptueux. Le jeune homme qu’il veutvoir n’est pas là et c’est une de ses voisines de palier, Carola Venitequa, qui l’accueille aprèsqu’il a décliné son identité. Il questionne la jeune femme, sans grand succès carelle s’en va bientôt. Juliusreste seul et pénètre dans la chambre de Lafcadio Wluiki ; il commence à examiner le lieu. Rien dans lapièce ne le renseigne sur la vie professionnelle et le parcours scolaire ou universitairedu jeune homme, bien qu’une photo datée de juillet 1886, sur laquelle on voitune très belle femme et un adolescent, ait vaguement attiré son attention. Lejeune homme a probablement déjeuné avant de sortir comme les miettes sur satable le montrent. La table a un tiroir ; la clé est enfoncée dans laserrure. Malgré ses principes, Juliusdoit remplir sa mission ; il tourne la clé et commence sa fouille. Première trouvaille :un carnet dont la première page est adressé à « Cadio » par « Faby ».L’auteur de cette page est celui qui a inscrit la date sur la photo. Julius dévore les pages du carnet. Ilfinit par reposer le carnet et alors qu’il est sur le point de s’en aller, ilvoit dans l’entrée de la chambre un beau jeune homme blond qui le regarde ensouriant. L’adolescent de la photo n’a pas beaucoup changé et lorsque sonregard croise celui de Julius,il ôte son chapeau et salue son invité inattendu avec respect. L’entretien sedéroule plutôt froidement, même si Juliusa réussi à fixer un rendez-vous avec le jeune homme pour le lendemain à dixheures.

Resté seul, Lafcadio se punit en se plantant deuxcoups de lame dans la cuisse pour avoir, par son imprudence, permis qu’uninconnu fouille son carnet et pour avoir montré à ce dernier qu’il s’étaitrendu compte de cette fouille. Il remarque aussi que la photo de lui et de samère a légèrement été déplacée. Énervé, il brûle la photo et le carnet,consulte la carte que le comte lui a laissée et sort en quête d’informationssur ce visiteur indésirable. Il aperçoit en passant devant une librairie lelivre de Julius et l’achète.Une fois chez lui, il entame la lecture et alors qu’il est sur le point derefermer le livre, ces mots sur la biographie du père de Julius, le vicomte Juste-Agénor de Baraglioul : « Ministre à Bucarest en1873 », attirent l’attention du jeune homme. Né à Bucarest en 1874 etn’ayant jamais connu son père, car sa mère ne lui a toujours présenté que desoncles dont trois diplomates, le cœur du jeune homme s’emballe à la vue de cesmots. Est-ce une coïncidence ou alors ?… Il est heureux en pensant àl’éventualité que cet homme soit son père. Sa curiosité est encore plus aiguisée,même s’il n’a pas aimé le livre.

Il sort pour se changer les idées et achète unjournal qui contient quelques lignes sur la santé précaire de Juste-Agénor.Il commande des cartes qu’il signe Lafcadio de Baraglioul. Lelendemain, il relève dans un annuaire l’adresse de Juste et se rend chez Julius. En chemin, il voit un attroupement autourd’une femme qui pleure devant une maison en flammes. Une belle jeune femme àcôté d’elle – sûrement pas sa parente car elle est d’une apparence plus noble –attire l’attention de Lafcadio.Elle promet sa bourse à la personne qui sauvera les enfants de la femme bloquéspar les flammes à l’étage de la maison. Lafcadio accomplit la prouesse ; acclamé, il reçoit la bourse, la vide deson contenu, et remet les soixante francs qu’elle contient à la femme qui baisefrénétiquement ses enfants. Il demande à la jeune femme la permission de gardersa bourse en souvenir, lui baise les mains et s’en va.

Il se rend finalement chez Juste et demande une audience, enusant de sa carte, qui lui est accordée. Le comte lui fait comprendre qu’il n’ya pas de Lafcadio de Baraglioulet qu’il pourrait se faire arrêter pour avoir utilisé un nom qui n’est pas lesien. Lafcadio s’excuse du moyen peu orthodoxe qu’il a employé dans le butd’obtenir cet entretien. Finalement, le vieux Juste, qui sait ses jours comptés, avoue à Lafcadio qu’il est bien son père, mais qu’il ne veutpas qu’il porte le nom Baraglioul.Il lui laissera un héritage par le biais de son fils légitime Julius. Ce dernier a le droit de s’opposer à cettedécision mais Juste espèrequ’il n’en fera rien. Justecompte sur Lafcadio pour neplus jamais dire qu’il s’appelle Baraglioul. Il veut aussi que son fils illégitime promette de ne jamais dérangerla famille de Julius. Hector, valet de Juste, vient le prévenir de la présence de Julius qui désire le voir. Il refuse de lerecevoir. Avant de se retirer, Lafcadio ému aux larmes se jette aux pieds de son père à peine retrouvé. Cedernier, touché par l’image, parle avec tendresse à son fils. Lafcadio s’en va.

En route, il achète des boutons de manchetteconvoités par Carola, cellequi a introduit Julius chezlui. Celui-ci se doute de quelque chose car il a lui aussi fait le recoupementdes dates et soupçonne que Lafcadio soit son frère. Il apprécie le jeune homme et a hâte de le revoir.Alors que Lafcadio se rend chez Julius, il rencontre de nouveau la jeune femme de la bourse. Il s’agit enfait de Geneviève, la filleaînée de Julius. Troublée, elleaussi, par cette rencontre, elle regagne très vite le domicile familial. Alorsqu’elle monte frénétiquement les marches qui mènent à l’appartement, elle sentderrière elle quelqu’un qui monte tout aussi vite les marches ; elle seretourne et voit Lafcadio. Ellele réprimande car elle pense qu’il l’a suivie. Elle rougit quand elle comprendqu’il est le nouveau secrétaire de son père et tous les deux se promettentmutuellement de ne pas parler de leur rencontre devant Julius et Marguerite. Une fois avec Julius,Lafcadio lui raconte sonhistoire et celui-ci le plaint car le jeune homme a connu une enfance plutôtmalheureuse. Une fois l’entretien terminé, Lafcadio retourne chez lui, fait ses valises, laisseau concierge un mot accompagné des boutons de manchette à l’attention de Carola et quitte l’immeuble piteux où il vivaitjusqu’alors.

 

Le troisième livre, intitulé « AmédéeFleurissoire », s’ouvre sur le portrait de la comtesse Valentine Guy deSaint-Prix, sœur cadette de Juliusvenue à Paris à la mort de leur père. Alors qu’elle était encore à Pau, où ellevivait depuis son mariage et la naissance de ses enfants, elle a reçu unevisite singulière, celle du chanoine de Virmontal, recommandé par le cardinal André. Le chanoine de Virmontal estun bel homme dont le physique a quelque chose d’énigmatique. Cet homme qui seprésente chez la comtesse est en fait Protos,le vieil ami de Lafcadio Wluiki. Après une longue hésitation, Protos, sous les traits du chanoine,se lance dans un récit dont le but ultime est de révéler ce secret à lacomtesse : le véritable pape, LéonXIII, est séquestré par les francs-maçons et un faux pape, unfranc-maçon, est à présent à la tête de l’Église catholique. La Loge ad’ailleurs fortement infiltré l’Église car le geôlier en chef de la prison du Papen’est autre qu’un cardinal. Protosajoute que certaines personnes préparent l’évasion du Pape en secret, et qu’ilsont besoin d’une certaine somme pour lancer leur croisade.

Lacomtesse, après s’être momentanément évanouie face à toutes ces révélations, seressaisit et consent volontiers à donner les soixante mille francs restantspour atteindre la somme visée. La comtesse demande quelques jours pour réunirla somme car elle espère la faire en partie débourser par d’autres personnes.Seulement, devant l’impatience, l’agressivité et le jeu adroit de Protos, elle finit par signer unchèque en le suppliant de l’accepter. Il souligne avant de se retirer qu’ellene doit souffler aucun mot de leur rencontre à personne. À peine est-il sortiqu’elle hèle sa domestique Amélieet l’envoie porter un mot à MmeFleurissoire. Elle lui demande un rendez-vous pour le jour même, à huisclos.

Mme Amédée Fleurissoire, dont le nom constitue le titre de ce troisième livre, née Péterat et répondant au nom baroqued’Arnica, est en fait la sœur cadettede Véronique Armand-Dubois et de Marguerite de Baraglioul. Lacomtesse raconte toute l’histoire à Arnicaen lui soulignant la nécessité d’une contribution. Amédée, l’époux d’Arnica,est absent, et à son retour, elle lui raconte toute l’affaire. N’ayantpas d’argent et devant le désarroi de sa femme, Amédée appelle GastonBlafaphas, son ami d’enfance avec qui il s’est disputé la main d’Arnica. Blafaphas lui demande de se rendre à Marseille, à la rencontrede quelqu’un qui pourrait les aider à libérer le Pape. Il se rend donc àMarseille, laissant derrière lui son épouse et Blafaphas.

Le jour oùAmédée quitte Pau est aussi le jour où Juliusde Baraglioul, convoqué à Rome, s’arrête à Milan pour rendre visite aux Armand-Dubois, Anthimeet Véronique. Anthime, le repenti, le converti,habite une masure et Julius leplaint. Véronique conte à Julius toutes les misères qu’ils ontendurées à cause principalement de la récente naïveté et passivité d’Anthime qui ont permis qu’ils soientdépouillés de tous leurs biens. Julius,consterné par l’attitude et les propos de son beau-frère, veut le pousser àréagir. Il se retire et leur promet une visite plus longue à son retour deRome. C’est ainsi que s’achève le troisième livre.

 

Lequatrième livre, intitulé « Le Mille-Pattes », s’ouvre sur unecitation de Pascal :« Et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant. » « Gémir »,c’est en ce terme que peut se résumer l’aventure d’Amédée car au cours de son périple, moustiques, puces etpunaises ripaillent joyeusement sur sa chair, lui causant maintes douleurs etirritations. De Marseille, il se rend à Rome à la rencontre de Baptistin, l’indicateur que Blafaphas lui a désigné. Baptistin l’accompagne dans unimmeuble miteux situé dans une ruelle étroite et obscure. Amédée, peu habitué à se déplacerseul, ne comprend pas l’appel que lui lance une jeune femme, probablement uneprostituée. Baptistin l’introduitdans une chambre de l’immeuble dans laquelle se trouve Carola Venitequa, l’ancienne voisine de Lafcadio. Amédéepaie Baptistin et ce dernier seretire. Il demande poliment à Carolade s’en aller car il souhaite se reposer, lui qui voyage depuis trois jours.Elle finit par le laisser et il s’endort prestement.

Quelquetemps après, Amédée s’éveille et voit couchée contre lui Carola toute nue. Il se lève,s’assied sur le lit et fond en larmes. Il se sent sale car il a trahi la confianced’Arnica et de Blafaphas. Il demande poliment à Carola de le laisser et elles’exécute. Entretemps, l’escroquerie savamment orchestrée par le faux chanoinede Virmontal et baptisée « le Mille-Pattes » fait de nombreusesvictimes. À Pau, le faux chanoine, Protos,a appris le départ pour Rome d’Amédée.Il se rend donc sur place et demande à Carola– qui lui a fait le récit de sa nuit passée avec celui qu’elle asurnommé « le pèlerin » – degarder un œil sur Amédée dont l’ignorance, relativement à l’escroquerie,pourrait conduire à sa révélation.

Parvengeance contre Lafcadio pourson abandon mais aussi par dépit, Carolaavait décidé de faire de Protos,le vieil ami de Lafcadio, sonnouvel amant. Le couple s’adonne à des pratiques étranges. Il se dispute momentanémentà propos des boutons de manchette que Lafcadioavaient offerts à Carola, etdont elle a refusé de se débarrasser malgré l’insistance de Protos. Sur l’ordre de ce dernier,elle hèle Baptistin, leurcomplice, et lui demande de faire visiter la ville à Amédée et de ne pas le quitter des yeux.

À sonretour dans la chambre, Amédéese rend compte que son courrier a été ouvert et Baptistin lui dit que c’est courant dans ce lieu. Il s’agitd’une lettre d’Arnica qui luidemande de se rendre à Naples et de rencontrer le cardinal San-Felice S.B. avant de prendretoute initiative. Fleurissoireressort et réussit à semer Baptistin.Il tombe sur un prêtre qui est en fait Protos.Celui-ci lui dit qu’il s’est fait piéger par des francs-maçons dont Baptistin. Il lui fait croire qu’ilfait partie de la croisade dont le but est de libérer le Pape. En confiance, Amédée avoue ses propres projets à l’abbé Cave (en latin, caue signifie « prends garde »).Protos lui remet une lettrequ’il doit donner au cardinal San-FeliceS. B. et prétend qu’avec son aide, les croisés vont à leur tour piégerles francs-maçons. Ce qu’Amédéeignore, c’est qu’avec les informations que lui fournit l’abbé Cave, il va en fait rencontrer un faux cardinal, un agentde l’escroquerie « Mille-Pattes ».Cette nuit-là, Carola offre à Amédée les fameux boutons demanchette et fait promettre à son amant qu’il ne fera pas de mal au« pèlerin ».

Lelendemain, Amédée se rend à Naples et Protos, toujours déguisé, l’attend à la gare de Rome de sorteque les deux hommes voyagent ensemble. Une fois à Naples, Amédée se fait raser. Il retrouveplus tard Protos, sous lestraits de l’abbé Cave, dans uneauberge. Ce dernier le présente au faux cardinal et l’enivre. Aidé du fauxcardinal, ils font croire à Amédéeque les francs-maçons, les jésuites, la police et même des escrocs, qui jettentle discrédit sur leur croisade, compliquent leur mission. Amédée croit tout ce qu’on lui dit etaprès avoir lu une coupure de journal sur ces « escrocs » qui se tiennenten face de lui, que ses interlocuteurs lui fournissent, il leur avoue que c’està cause du faux chanoine mentionné dans l’article qu’il s’est lancé dans cetteaventure. Il leur avoue aussi, le vin aidant, ses péchés et son dépucelage avecCarola, car bien qu’il soitmarié avec Arnica, il n’ajamais passé à l’acte afin de tenir une promesse faite à son ami Blafaphas. Il souligne également sonabsolution trop facilement obtenue. En effet, le prêtre qui l’a confessé etchez qui Baptistin l’avait conduitn’était en fait qu’un agent de Mille-Pattes.Amédée, continue naïvement enlouant la mission du prêtre Caveet du prétendu cardinal San-Feliceet accepte d’aller le lendemain à Rome afin de percevoir pour eux un chèquepuis de leur ramener l’argent à Naples. De retour à Rome, Carola le prend en pitié et luidemande d’éviter le vieil homme, le prêtre qu’il a rencontré. Amédée est plus perdu que jamais etne sait plus à quel saint se vouer. Il se rend à la poste où l’attend unelettre d’Arnica ; elle luidemande de rencontrer Juliusson beau-frère qui se trouve lui aussi à Rome, convoqué pour un congrès. Amédée décide d’accourir à larencontre de Julius car si cedernier lui confirme qu’il a pu rencontrer le Pape, il comprendra qu’il nes’agissait pas d’une escroquerie de l’abbéCave car selon Amédée,il est tout simplement impossible pour un civil d’obtenir une audience avec lePape.

Il serend à l’adresse indiqué par Arnicadans la lettre. Il rencontre Juliusqui n’arrive pas à lui parler du Pape car il est focalisé sur le sort d’Anthime. Il se met alors à racontertoutes les mésaventures d’Anthimeà Amédée qui est lui aussisurpris, car il pensait que l’Église tiendrait parole et s’occuperait de leurbeau-frère. Julius finit pararriver à l’information tant désirée par Amédée :le Saint-Père. Devant le laxisme des cardinaux et autres prêtres, Julius a décidé de soumettre leproblème d’Anthime au Papedirectement. Après avoir traversé plusieurs salles, il a atteint celle où il setrouvait. Amédée exulte etsoutient que son beau-frère n’a pas rencontré le Pape. Il décide alors de luiraconter son aventure et de lui expliquer les raisons de sa présence à Rome.

Julius invite ensuite Amédée au restaurant où un serveur, unagent de Mille-Pattes,interrompt leur déjeuner et lui rappelle qu’il doit se rendre à la banque pourencaisser le chèque. Dans la voiture de Juliusqui le conduit à la gare où un train doit l’amener à Naples, Amédée, qui a déjà encaissé lechèque, raconte toute l’histoire à Juliusqui ne l’écoute que d’une oreille distraite. Il laisse donc un Amédée apeuré sur le quai et seretire en soulignant qu’il retournera bientôt à Paris.

 

Lecinquième et dernier livre, intitulé « Lafcadio », s’ouvre sur unecitation de Joseph Conrad, enanglais ; ce qui est surprenant car c’est la première occurrence del’anglais dans ce texte français ponctué jusque-là par de l’italien parendroits. Après que Lafcadio aperçu son héritage, quarante mille livres de rentes, obtenu par le biais de sonfrère Julius, il décide decontinuer à vivre comme auparavant. Alors qu’il se rend à Rome pour rencontrerson frère, il rencontre dans le wagon Amédéequi utilise un ticket que lui a remis Julius.À la mention du nom de Juliuset ne voyant qu’Amédée, Lafcadio le prend pour un voleur. Parailleurs, sa valise a disparu, emportée par un inconnu qui se trouvaitprobablement dans leur wagon. Lafcadiodécide donc de le suivre et de descendre lui aussi à Naples. Le lendemain, dansun journal, Julius lit qu’unveston a été retrouvé dans un wagon du train en provenance de Rome avec unesomme d’argent importante. Il lit aussi qu’un cadavre a été retrouvé.

Entretemps,Lafcadio arrive à Rome et décidede se rendre au Grand-Hôtel pour y rencontrer Julius à qui il fait parvenir un mot. Julius lui apprend que Carolase trouve à Rome et qu’Amédéeson beau-frère est mort. Il a décidé de contacter la police car il s’agit d’unmeurtre déguisé en accident. Juliusse rend donc à la police et l’identité d’Amédéene tarde pas être révélée au public. Son adresse aussi est à présent connue detous. Le soir, Carola déguiséevient à la rencontre de Julius et lui dit qu’elle a dénoncé le tueur de sonbeau-frère. Sans le nommer, les deux personnages savent qu’elle parle de Lafcadio. Ce dernier fait partie ducortège qui ramène le corps d’Amédéede Naples à Pau. Il a tué le pauvre Amédéepar erreur, en pensant que c’est lui qui avait dérobé sa valise.

Lafcadio s’ennuie pendantle deuil et fait la rencontre d’un professeur qui est en fait Protos. Il finit par le reconnaître. Protos menace de le livrer à lapolice, il s’enfuit. Le soir, les Armand-Duboisrencontrent dans le train qui les conduit à Pau Geneviève et Margueritede Baraglioul qui s’y rendent également pour le deuil d’Amédée Fleurissoire. Geneviève, la fille aînée Baraglioul, a accepté d’accompagnersa mère uniquement dans l’espoir de revoir Lafcadio dont elle est follement éprise. Julius, qui a été finalement admis à l’Académie, leur raconte lamésaventure du crédule Amédée Fleurissoire.

Carola a contacté lapolice qui arrive sur les lieux. Protos,comprenant qu’elle l’a trahi, l’étrangle ; il est ensuite arrêté. Plustard, alors que Julius est dans sa chambre d’hôtel, voisine de celle où setrouve Lafcadio, il reçoit la visite de son frère quivient lui avouer que la police ne détient pas le coupable, car c’est lui et nonProtos qui a tué Amédée. Julius lui demande de se confesser. De retour dans sa chambre, Lafcadio reçoit la visite de Geneviève qui vient se donner à lui.Après quelques moments d’hésitation et après qu’elle lui avoue avoir entendu saconversation avec son père et aimer malgré tout le criminel qu’il s’avère être,Lafcadio la prend. Au réveil,il ne sait pas s’il doit vivre ainsi ou se rendre à la police. C’est sur cetteinterrogation que s’achève l’œuvre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >