Les liaisons dangereuses

par

Le libertinage

Le libertinage prend forme dans ce roman à travers plusieurs éléments. L’action libertine est mise en lumière par des personnages typiques du roman libertin : une femme d’âge mûr, qui a fait son apprentissage du libertinage et en maîtrise parfaitement les codes, qui est orgueilleuse et appartient à l’aristocratie ; de jeunes gens ingénus, et ignorant les codes des libertins ; une femme dévote, vertueuse, victime des libertins et de sa crédulité ; une mère présente en arrière-plan, moralisatrice, protectrice, mais aveuglée et trompée par les libertins, donc sans pouvoir réel sur les évènements ; une vieille sage qui a de l’expérience, qui apparaît comme une confidente avec du recul, mais ne peut entraver les projets des libertins.

L’espace du libertinage est un espace clos, feutré, où tout le monde se connaît de près ou de loin. Il y a souvent dans les lieux évoqués une notion d’intimité propice aux secrets, aux conciliabules, aux messes basses. La ville est le lieu de la mondanité, un espace plus ouvert sur le monde où il faut savoir jouer, se montrer, paraître et apparaître. Les rumeurs y circulent, comme les lettres et les messages.

En pratique, le libertinage se manifeste par diverses choses. Tout d’abord une volonté absolue de maîtrise de soi et d’autrui, une envie de tout prévoir, tout contrôler, de se combattre soi-même, donc d’ôter toute spontanéité à sa vie. Il est aussi question du goût du triomphe, de l’exploit, d’une envie de puissance, de supériorité orgueilleuse. Cela va de pair avec une forme d’hypocrisie, car tout est simulacre, sous-entendus, implicite. Les libertins jouent avec la vérité, avec les sentiments, avec les gens.

La dimension sadique apparaît alors, avec le plaisir qui naît de la manipulation et des tourments que le libertin met en œuvre pour piéger les faibles et les naïfs. Le libertinage peut aussi renverser les rôles sociaux coutumièrement admis dans une société hiérarchisée : les femmes peuvent prendre le pouvoir, charmer mais aussi faire le mal, dominer donc abandonner une image de faiblesse, tandis que les hommes se doivent de respecter certaines conventions.

Le libertinage est cependant remis en question ici puisque dans le roman, les libertins finalement échouent : Valmont est emporté à cause de ses sentiments qui sont en inadéquation avec son statut de libertin ; quant à Merteuil, à force de vouloir tout contrôler, orgueilleuse et jalouse, elle finit par cumuler les inimitiés et perdre toute maîtrise sur les évènements. 

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