Les précieuses ridicules

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Une critique des dérives de la préciosité

Il faut avant tout préciser que le courant de pensées dit « précieux » n’était pas reconnu en tant que réel courant à l’époque de Molière. En effet, le titre de « précieux » ou « précieuse » n’était ouvertement porté par personne, autrement, la perfection qu’on cherchait à atteindre n’aurait pas été considérée comme naturelle mais dissimulée sous un titre qu’on pouvait s’arroger ou rejeter. On était précieux, mais on ne le nommait pas, et il s’agissait plutôt d’un modèle social auquel les membres de l’aristocratie ou de la bourgeoisie aisée tentaient de s’assimiler. La préciosité avait pour dessein d’atteindre un idéal de perfection dans son rapport aux autres à travers les plus hautes classes de la société. Il s’agissait d’acquérir une éloquence parfaite, un vocabulaire recherché, de faire preuve de finesse d’esprit et d’un sens de la répartie développé, tout cela dans le but de briller en société et d’acquérir, par la qualité de ses idées et de son caractère, une renommée incontestable. C’était donc bien là un effet de mode à échelle très amplifiée plutôt qu’un véritable courant de pensée.

Dans l’œuvre de Molière, on peut ainsi se demander si la préciosité est elle-même visée, ou si ce sont plutôt ses dérives totalement basées sur l’apparence et l’hypocrisie qui sont attaquées. En effet, beaucoup défendent le fait que Molière critique surtout la perversion de la préciosité, particulièrement incarnée en la personne de Mlle de Scudéry, une romancière parfaitement représentative de la préciosité. En effet, deux courants se sont ensuite...

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