Les précieuses ridicules

par

La juxtaposition des traditions comiques

Les Précieuses ridicules font se recouper plusieurs traditions comiques connues de longue date sur la scène théâtrale. En effet, la pièce utilise bon nombre de traditions empruntées à la commedia dell’arte, comme par exemple les rôles récurrents aux pièces de ce type : celui de Jodelet, le valet faible et apeuré, le vieillard ridicule Gorgibus, et la surcharge ridicule du costume de Mascarille, qui réfère directement au théâtre de la foire. L’onomastique est également porteuse de sens : en effet, Mascarille renvoie au port du masque de la commedia dell’arte, et la farine dont le comédien jouant Jodelet se couvrait le visage renvoie également à l’artifice italien. Ainsi, la pièce s’inspire indéniablement de traditions héritées du théâtre italien.

Cependant, Molière nous montre également qu’il sait imposer ses propres codes du comique : en effet, nous pouvons retrouver dans l’œuvre bon nombre de références tirées de sa propre invention. L’onomastique joue cette fois en sa faveur : le nom de Gorgibus est celui qui revient de façon récurrente dans ses pièces et dont est affublé sans faute le personnage ridicule de la farce, celui qui bien souvent représente le grincheux et le vieillard. Jodelet, Mascarille et ce dernier incarnent tous les trois le trio typiquement moliéresque qui constitue le nœud de l’action et inspire le rire. Par un procédé de « farce dans la farce », en se faisant passer pour des aristocrates,...

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