L’homme qui rit

par

Gwynplaine

Gwynplaine a un physique des plus insolites : son visage est désigné par l’auteur comme étant parfait pour la dérision : « une bouche s'ouvrant, jusqu'aux oreilles, des oreilles se repliant jusque sur les yeux, un nez informe fait pour l'oscillation des lunettes de grimacier, et un visage qu'on ne pouvait regarder sans rire. » Ses traits ont été forgés par les comprachicos dans le but de faire rire le public, mais il compense ce faciès difforme par un tempérament on ne peut plus exemplaire : c’est un homme courageux même dans sa plus tendre enfance (on assiste, au début du livre, au sauvetage, au péril de sa vie, d’un bébé abandonné), honnête et attentionné : il ne cessera jamais de redoubler d’attention envers Dea, l’éduquant et veillant sur elle tel un membre de sa propre famille.

Son destin n’en demeure pas moins tragique puisque malgré ce sens de l’honneur et de la justice inculqués par Ursus qu’il essayera de rendre convaincant face aux grands de la chambre des Lords, ceux-ci ne voient en lui qu’un bouffon, un satyre, qui parvient à les distraire sans être toutefois digne d’être pris au sérieux.

Mais Gwynplaine s’avère être issu d’un haut lignage. Cependant, ce sang bleu qui coule dans ses veines ne parvient pas à le rendre crédible face à ses adversaires politiques.

Il est un personnage important pour Victor Hugo car il représente l’hypocrisie exacerbée des puissants, leur bêtise, car ils ne parviennent à voir que ce qu’on leur montre, tels les spectateurs d’une hideuse parade de foire.

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