L’homme qui rit

par

PREMIÈRE PARTIE

La mer et lanuit

 

            Cette première sous-partie secompose de deux chapitres introductifs qui sont l’occasion pour l’auteurd’introduire quelques-uns des personnages principaux.

            On fait la connaissance d’un dénomméUrsus, vieux savant quasi misanthrope qui vit avec son seul ami, un loup appeléHomo. Ce vieil homme gagne sa vie grâce à des spectacles de ventriloquie. Leton volontiers sarcastique et satirique retentit dès le premierparagraphe : « Notre suprême contentement est de regarder défilertoutes les variétés de la domestication. C’est ce qui fait qu’il y a tant degens sur le passage des cortèges royaux. » Tout du long du premierchapitre, le narrateur souligne, à côté de sa misanthropie, les qualités d’Ursus :savant, grand orateur, doté d’un grand savoir-faire de guérisseur… Ursusparaît comme un descendant de Diogène ou de Socrate, d’autant plus qu’il vitdans le plus grand dénuement. La relation entre Ursus et son loup est trèsforte.

            Sont aussi présentés les mœurs descomprachicos, communauté terrible spécialisée dans le commerce d’enfants, quilivrés aux rois et sultans de l’époque, sont d’abord défigurés avant de servirde bouffons. Le narrateur décrit ce commerce, en soulignant dès qu’il le peutson dégoût par une ironie grinçante. L’enfant est assimilé à un animal, etparfois même pire. La communauté des comprachicos connaît, à l’époque où leroman commence, un bouleversement : ils ne sont plus tolérés par legouvernement anglais, qui se met à les persécuter, les marquer au fer rouge,les exécuter.

 

            Livre premier

                                                                  

            Le narrateur plante longuement ledécor et décrit en détail la baie de Portland. Un groupe de personnagesmisérables apparaît dans ce décor lugubre. Ils traînent avec eux un enfant.

            La troupe s’empresse d’embarquerdans un bateau, et laisse l’enfant à terre.

            On en apprend davantage surl’enfant : il a dix ans, il a grandi parmi les gens qui viennent del’abandonner mais ne les connaît pas. L’enfant grimpe sur les falaises, voit lebateau de la troupe disparaître à l’horizon. Il comprend qu’il ne peut pluscompter sur eux.

            Le narrateur révèle que l’abandond’enfant – ainsi que le meurtre ! – est devenu très fréquent depuis leslois anticomprachicos. Il s’étonne avec son ironie habituelle des conséquencesparadoxales de ces mesures censés protéger les enfants.

            Errant, l’enfant découvre un pendugoudronné. Il croit voir un fantôme. Il contemple le cadavre avec fascination.Il finit par fuir, effrayé.

            L’enfant court désespérément versl’intérieur du pays, et se posent à lui les premières questions de survie.

 

            Livre deuxième

            Le narrateur se met ici à suivre lesmésaventures des comprachicos qui viennent d’embarquer en abandonnant l’enfant.Un violent orage, doublé d’une tempête de neige, s’annonce.

            Le narrateur prend le temps dedétailler la nationalité et les particularismes linguistiques des comprachicosembarqués. Les hommes sont inquiets, de plus en plus. Ils réfléchissent auxmeilleures décisions de navigation à prendre pour se sortir de cette funestesituation. Ils luttent contre la tempête, qui finit par briser le bateau, mais dessurvivants s’y accrochent. La tempête pousse le bateau vers des écueilscolossaux. Ils sont ballottés, sans espoir. Le vent finit par les ramener à unendroit calme de la mer. Les comprachicos reprennent espoir, mais très vite ilsse rendent compte que leur bateau est en train de couler. Tous les canots etavirons ont été détruits dans la tempête, ils ne peuvent pas fuir. Ils décidentd’alléger l’épave. Le bateau coule moins vite, mais coule malgré tout. Lescomprachicos voyant leur mort arrivée décident de jeter à la mer une gourde quirenferme leurs confessions. Ils sont peu de temps après engloutis par les fondsmarins.

 

            Livre troisième

           

            L’enfant de la première partiecontinue à errer. Il est totalement perdu, d’autant plus que la tempête nefacilite pas sa progression. Il trouve des traces de pas, probablement ceuxd’une jeune fille, et il décide de les suivre.

            Les traces s’arrêtent subitement.L’enfant entend des cris. Il cherche. Bientôt, sous la neige, il trouve – maisce n’est pas de là que viennent les cris – un cadavre de jeune femme ;dans ses bras agonise un nourrisson. C’est une petite fille. Il la prend dansses bras et la réchauffe comme il peut.

            L’enfant poursuit son chemin,encombré par le nourrisson. Il atteint bientôt une ville. C’est le Weymouth. L’enfantcherche de l’aide. Il frappe aux portes, mais personne ne répond. Il se rendcompte quand l’église sonne qu’il est trois heures du matin.

            Alors qu’il sombre dans le désespoirle plus complet, l’enfant est interpelé par Ursus, qui l’invite à entrer chezlui. Il lui offre feu, nourriture, boisson et gîte.

            Le lendemain, Ursus prend ladécision d’adopter l’enfant et le nourrisson. À la lumière du jour, il se rendcompte que le nourrisson est aveugle, et que l’enfant a le visage mutilé en unsourire hideux et perpétuel.

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