Lolita

par

Exil et aliénation

A.           L’évasion et le mouvement perpétuel

 

Humbert et Lolita sont tous deux des personnages en marge de la société. Humbert symbolise l’aliénation volontaire puisqu’il décide de quitter l’Europe pour s’installer aux États-Unis – « notre grand voyage à travers les États Unis » – alors que Lolita reflète l’exil forcé, puisque n’ayant nulle part où aller, elle se sent obligée de suivre Humbert après la mort de sa mère. Celle-ci s’arrache donc à un milieu familier pour se lancer vers un monde inconnu. Lolita tout comme le narrateur est en perpétuel mouvement, voyageant d’un endroit à un autre, profitant des paysages splendides des États-Unis, n’ayant pas d’endroit fixe où habiter, d’où une impression d’évasion éternelle.

 

B.           Une apparence de liberté

 

Même si les deux protagonistes s’éclipsent de Ramsdale après la mort de Mme Haze pour trouver l’entière liberté à laquelle ils aspirent, leur exil se révèle être un piège. Le narrateur en prend conscience lorsqu’il dit : « À partir de ce jour, j'étais foutu, j'étais accro. Dépendre de quelqu'un d'autre que de moi-même, m'affaiblir, me torturer, c'était tout ce que je redoutais ».

Lolita, elle, est présentée comme une victime lorsqu’elle n’a pas le choix et doit suivre Humbert. Humbert, même s’il a l’intention de quitter l’Amérique, finit par y rester puisqu’il s’y sent contraint : « Pourquoi imaginais-je que nous serions heureux à l'étranger ? parce qu'un changement de cadre est la fiction traditionnelle à quoi se raccrochent les amants, et les poumons, condamnés. »

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Dissertation à propos de Lolita