Lunar Park

par

L’horreur

Lunar Park se veut un hommage à Stephen King. Pour ce faire, Bret EastonEllis emprunte à la technique de King, en construisant autour de son personnageprincipal un climat d’horreur insoutenable. La mise en scène du fantôme de sondéfunt père sert cette cause en introduisant un élément fantastique à l’intrigue.De même, l’introduction du tueur en série s’inspirant des crimes de PatrickBateman dans American Psycho permet d’intensifierle malaise.

De plus, l’auteur de Lunar Park parvient à imiter la techniquede King qui consiste à rendre les éléments fantastiques moins présents que lestroubles mentaux et les névroses des personnages affligés. Non seulement ledanger que représente le fantôme de son père et l’imitateur de Bateman sontissus de l’esprit du personnage principal, mais encore ses craintes continuentde les renforcer.

« Quelqu’un avait essayé de rendre vrai un roman que tu avaisécrit.

Et n’est-ce pas ce que tu as fait quand tu as écrit le livre ?

(Mais tu n’avais pas écrit ce livre)

(Quelque chose d’autre a écrit ce livre)

(Et ton père voulait maintenant que tu remarques certaines choses)

(Mais quelque chose d’autre ne voulait pas)

(Tu rêves un livre, et quelquefois le rêve devient la réalité)

(Lorsque tu abandonnes la vie pour la fiction, tu deviens unpersonnage)

(Un écrivain serait toujours coupé de l’expérience parce qu’il estl’écrivain). »

Dans Lunar Park, l’horreur naît dans l’esprit du personnage et à cetitre elle est réellement omniprésente. Le héros se sent persécuté partout oùil se rend et il n’est en aucun lieu à l’abri de ses craintes – des craintesqui sont rarement justifiées par des phénomènes tangibles. Le danger resteinvisible, intangible, et pourtant bien réel dans l’esprit du personnage. Deplus, aucun des éléments surnaturels de l’œuvre ne bénéficient d’une conclusionsatisfaisante. Il n’y a pas d’explication qui permette d’atténuer le malaisequi se renforce au fur et à mesure que la psyché du personnage se détériore.

« Mais lorsque j’ai soulevé la peluche, il n’y a pas eu derésistance. OK me suis-je dit, Sarah l’avait laissé en marche. Il pouvait sedéplacer tout seul. Il a donc marché dans un couloir. Il est entré dans unechambre. Je n’avais pas fermé la porte. Sarah ne l’avait tout simplement paséteint avant de partir pour l’école.

J’ai lentement soulevé le pull du Terby – il puait, il avait l’airmou et flexible, et il vibrait encore légèrement dans mes mains.

J’ai retourné la peluche pour éteindre la lumière rouge sous soncou afin de le désactiver.

Mais la lumière rouge n’était pas allumée.

Ce détail m’a immédiatement fait sortir de la chambre. »

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’horreur >