Lunar Park

par

Un récit autobiographique

Il ne fait aucun doute que Lunar Park présente des éléments autobiographiques. Toutefois, laportée autobiographique de l’œuvre est quelque peu compromise par la fictionqu’elle côtoie. Le premier chapitre de LunarPark est une rétrospective de la vie de l’auteur, lequel s’étendlaborieusement sur son passé et sur ses choix. Cependant, la fiabilité du récitsouffre dès l’introduction du personnage de Jayne, son épouse dans le livre,qui est un personnage entièrement fictif, et son apparition pousse le lecteur às’interroger sur l’exactitude des éléments précédents.

Lunar Park semble être un moyen pour l’auteur de livrer certainséléments de sa personne, de répondre aux critiques et aux interrogations de seslecteurs, tout en préservant une portion de mystère. Il a longtemps été supposéqu’Ellis se représentait dans ses personnages ; qu’il s’agisse de Claydans Moins que Zéro ou de Batemandans American Psycho. Ainsi, Lunar Park devient le lieu où l’auteurrépond à ses critiques. Et il ne fait aucun doute, à la lecture des citationschoisies pour introduire le livre, qu’il s’agit d’une réponse à la critique etd’une tentative de l’auteur de modifier l’opinion que le public se fait de lui :

« Les gensqui se sont fait une idée à propos d’un homme n’aiment pas devoir changerd’opinion, réviser leur jugement en raison d’une preuve nouvelle ou d’argumentsnouveaux, et l’homme qui tente de les forcer à changer d’avis est, pour lemoins, en train de perdre son temps et peut-être de chercher des ennuis.

JohnO’HARA »

Il se montre différent de ses personnages et de leurs modesde vie. Il explique la relation qui le lie à son père et l’influence quecelui-ci a eue sur lui. Pourtant, malgré la confusion qui brouille la frontièreentre la réalité et la fiction, le livre joue quelque peu le rôle de mémoires.

« Endépit de l’horreur que semblent revêtir les événements décrits ici, il y a unechose dont vous devez vous souvenir pendant que vous tenez ce livre entre vosmains : tout a réellement eu lieu, chaque mot est vrai. »

Le mérite autobiographique de Lunar Park réside dans le fait qu’il permet au lecteur de mieuxcomprendre l’état d’esprit de l’auteur au moment de la rédaction de ses livresprécédents. Ainsi, c’est l’ensemble de la littérature d’Ellis qui joue le rôlede mémoires. L’atmosphère dérangeante et les relations humaines superficielles présentsdans ses deux premiers romans, Moins queZéro et Les Lois de l’attraction,sont le produit de la vision du monde qu’avait l’auteur au moment de leurrédaction ; des livres qu’il rédige alors qu’il subit les effets de latyrannie de son père et que leurs rapports se détériorent. Les romans American Psychoet Glamorama naissent de la spiraledestructrice dans laquelle l’auteur se trouve prisonnier des abus de sacélébrité, drogué et corrompu.

« Àl’époque où j’ai découvert la dope, j’ai commencé le processus, long d’unedécennie (les années 1990), consistant à concevoir, écrire et promouvoir unroman de 500 pages intitulé Glamorama, consacré à un réseau terroristeinternational se servant du monde de la mode comme couverture. Et le livrepromettait – c’était prévisible – de faire de moi un multimillionnaire denouveau et de me rendre encore plus célèbre. »

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