Mrs Dalloway

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Résumé

Londres, environ cinq ans après la Première Guerre mondiale. Clarissa Dalloway appartient à la haute société. Durant toute une journée, le lecteur va suivre ses pas et ceux de quelques protagonistes, dont les destinées sont inextricablement mêlées.

Mrs Dalloway marche dans les rues de Londres. Âgée de cinquante-deux ans, elle appartient à la « belle société » de la capitale. Ce soir, son mari et elle donnent une réception et elle met la main aux ultimes préparatifs de la fête. Elle marche dans la rue, sa pensée vogue du présent au passé, mêlant les souvenirs de la jeune fille de dix-huit ans qu’elle fut aux impératifs de la soirée qui s’annonce. La jeune fille n’est plus, seule l’épouse de Richard Dalloway existe. Son ami Peter Walsh le lui avait prédit : elle deviendrait une honorable épouse, et donnerait des réceptions. Peut-être aurait-elle dû l’épouser quand il la demanda en mariage.

Un bruit sonore éveille l’attention des passants : un pot d’échappement pétarade. Dans Regent’s Park, ce bruit anodin plonge un promeneur dans la terreur : Septimus Warren Smith. Cet ancien combattant trentenaire a connu la Grande Guerre et en subit encore les séquelles, ses nerfs ont été irrémédiablement meurtris par les combats. Il vit dans un monde où sa paranoïa a pris le dessus sur la raison : un pot d’échappement bruyant le ramène dans les tranchées, un avion publicitaire devient le porteur d’un message codé. Il a épousé Lucrezia, une Italienne, et tous deux attendent le moment du rendez-vous avec le fameux psychiatre Sir William Bradshaw. Il est loin, le jeune et enthousiaste poète qu’était Septimus avant la guerre. Engagé volontaire, patriote convaincu, la guerre l’a assommé, engourdi, au point que la mort de son ami Evans l’a laissé sans réaction ni tristesse. Il a combattu pour l’Angleterre, et cela n’en valait pas la peine : rien ne mérite de perdurer, ni la société, ni lui-même. Son absence de compassion et de sentiment le fait culpabiliser et l’idée du suicide a germé en lui. Sir William ne mesure pas la profondeur de la détresse de Septimus : il voit en lui un dépressif profond, certes, mais lui conseille seulement d’aller séjourner dans un asile à la campagne, loin de Lucrezia.

Clarissa est revenue de chez le fleuriste quand Peter Walsh se présente chez elle. Sentimental, portant lunettes et nœud papillon, Peter a autrefois courtisé Clarissa, l’a même demandée en mariage quand elle avait dix-huit ans, et cette visite à Londres, alors qu’il avait quitté la capitale pour partir en Inde, les plonge l’un et l’autre dans le flux de leurs pensées. Peter ne s’est jamais vraiment remis du rejet de sa proposition de mariage. De paroles en souvenirs, un baiser les rapproche. Clarissa est-elle heureuse avec son mari Richard, lui demande-t-il. L’irruption d’Elizabeth, la fille de Clarissa, jeune fille de dix-sept ans, empêche celle-ci de répondre et Peter prend congé. Il marche vers Regent’s Park, ruminant les souvenirs amers de ses amours déçues.

C’est au tour de Richard Dalloway d’être au cœur de la narration. L’époux de Clarissa déjeune avec Hugh Whitbread et Lady Bruton. Élu à la Chambre des Communes, il a failli faire partie du gouvernement. Très amoureux de sa femme, il rentre chez lui porteur d’un superbe bouquet de roses : il tient à lui exprimer son amour, mais n’y parvient pas. Clarissa contemple l’espace qui s’étend entre les êtres, même entre les époux. Ce vide est tel que Richard ne connaît pas tout d’elle : un époux peut-il ignorer quoi que ce soit de sa conjointe ? La jeune Elizabeth part faire quelques emplettes, accompagnée de sa professeure d’Histoire, Mrs Kilman. C’est une quadragénaire d’origine allemande, qui adore Elizabeth mais n’éprouve aucune sympathie pour Clarissa, qui le lui rend bien. L’enseignante estime que la mère étouffe la fille, tandis que Clarissa craint que sa fille n’éprouve un coupable attachement pour Mrs Kilman. Au même moment, Septimus et Lucrezia sont chez eux, heureux de partager cet instant, lorsque deux hommes se présentent : ils sont chargés de conduire Septimus à l’asile. Quand il reconnaît le docteur Holmes, le généraliste qui d’ordinaire prend soin de lui, Septimus prend peur : persuadé qu’on va lui voler son âme, il saute par la fenêtre et trouve la mort.

La narration revient vers Peter Walsh : il entend l’ambulance qui vient ramasser le corps du pauvre Septimus. Quelle ville de progrès que Londres, pense-t-il. Quel degré de civilisation l’Angleterre a atteint, où l’on vient débarrasser la cité des corps morts de ses membres ! Mais foin de réflexions : c’est l’heure de la réception chez les Dalloway. Peter Walsh pose sur les personnages assemblés chez son amie un œil critique, ce qui n’échappe pas à Clarissa. Peter retrouve là Lady Rosseter, qu’il a connue autrefois sous son nom de jeune fille, Sally Seton. Elle était jeune, libre, fumait le cigare, nourrissait mille projets. Une très tendre amitié avait même germé entre elle et Clarissa. Aujourd’hui, la libre jeune fille est devenue la tranquille mère de cinq enfants. Comme lui, elle a failli en ne tenant pas les promesses de sa jeunesse. La guerre a bouleversé la société, mais les amis de Clarissa et Richard Dalloway ne le voient pas, et répéteront les mêmes erreurs.

Sir William Bradshaw et son épouse se présentent enfin, en retard : c’est Lady Bradshaw qui apprend à Clarissa le suicide de Septimus. Le choc est grand pour Clarissa, qui se retire loin de ses invités. Elle songe à la mort de Septimus : celui qui fut un brillant jeune homme a été écrasé, dépassé par la vie, et ni Sir William, ni les membres de la « bonne » société qui l’entouraient n’ont su soulager sa détresse. Elle s’identifie à Septimus et envie son courage : lui a fait le grand saut et a préféré mourir plutôt que perdre son âme. En tant que membre de cette société impuissante, elle se sent coupable de n’avoir pas su l’aider. L’heure tourne, la réception touche à sa fin. Clarissa doit rejoindre ses invités : elle retrouve Peter, en grande conversation avec Lady Rosseter : ils bavardent, évoquent des souvenirs du passé, rient. Et tandis que le cœur de Clarissa est engourdi, celui de Peter s’emplit de joie, mais aussi de crainte, quand la femme qu’il a toujours aimée fait son apparition.

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