Mrs Dalloway

par

La folie et la mort

Dans cette œuvre, le lecteur a, notamment, l’opportunité de voir le monde à travers les yeux d’un homme rendu fou par les horreurs de la guerre. Bien que l’on puisse clairement comprendre que tout son passé l’a conduit à la folie et qu’il soit changé à jamais;  plusieurs personnages nient l’existence de la folie et de ses causes. Certains pensent qu’il est juste un original qui devrait prendre un peu de poids et se changer les idées pour guérir. La folie et les hallucinations de Septimus sont une source de honte pour sa femme, qui voudrait le cacher aux yeux de la société. Elle a peur de ce que les gens pourraient penser d’eux s’ils voyaient l’état de son mari. Mais, de la manière dont elle présente Septimus, Virginia Woolf nous fait comprendre que la guerre peut être responsable de choses horribles et difficiles à supporter, ayant des conséquences psychologiques indéniables, ce qui à son époque n’était pas une réflexion courante dans la société anglaise : « Car maintenant que tout était terminé, l’armistice signé, les morts enterrés, il avait, surtout le soir, de foudroyants accès de panique. Il ne ressentait rien […]. Mais il ne goûtait rien, il ne ressentait rien. Dans le salon de thé, au milieu des tables et des serveurs jacassant, la panique le saisissait, il ne ressentait rien. Raisonner, cela il le pouvait. Il pouvait lire, Dante par exemple, sans difficulté […]. Il arrivait à compter son addition. Son cerveau était intact. Ce devait, par conséquent, être la faute du monde, s’il ne ressentait rien ». La folie de Septimus nous montre ce qu’est un homme qui souffre dans une société qui ne veut pas le voir, ce qui le conduira à la mort : c’est finalement la seule libération possible et elle semble valoir mieux que le regard des autres. La mort est redoutée aussi par Clarissa – consciente de son inéluctabilité –  notamment lorsqu’elle va acheter des fleurs : cet instant lui rappelle une impression ressentie dans sa jeunesse, annonçant alors un évènement horrible. Les cloches de Big Ben lui rappellent d’ailleurs le passage du temps et l’arrivée de la mort : « Et puis – ce matin même elle l’avait perçu – il y avait la terreur, l’impuissance qui submergeait cette vie dont nous charge nos parents, qu’il faut vivre jusqu’à son terme, qu’il faut parcourir sereinement ; au plus profond de son cœur il y avait une peur affreuse […]. Elle en avait réchappé. Mais ce jeune homme s’était tué ».

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