Nana

par

Briser le tabou

Nana est l’occasion pour Émile Zola de livrer au lecteur les réactions d’une société mondaine face au tabou. En effet, le tabou est levé sur les pulsions sexuelles d’une certaine classe sociale qui d’ordinaire, les considère comme dépravées et indignes. Le premier chapitre donne le ton : le lieu de rencontre des premiers personnages n’est pas anodin, il s’agit des gradins du théâtre où Nana va donner une représentation de La Blonde Vénus. Dissimulés dans la pénombre avant que le rideau ne se lève, les trois hommes riches dont il est question vantent déjà sur un ton de confidence les grâces de cette fille des bas quartiers.

Nana pousse jusqu'aux plus pieux à se corrompre ; ainsi, Zola montre à quel point la religion peut sembler vaine et servir de masque en société. Le comte Muffat, terrorisé par l’enfer, profondément pieux, se ruine pour Nana alors que le Jugement dernier l’obsède constamment. Il n’est que le représentant choisi par Zola pour dépeindre une époque où l’adoption d’une attitude religieuse semble fonctionner comme l’ersatz d’autres penchants, lequel ne peut étouffer, quand l’occasion se présente de les satisfaire, d’autres désirs jugés moins honorables et d’ordinaire réprimés.

De plus, le tabou de l’homosexualité est levé : Nana arbore sa relation avec Satin à la face du monde et à celle de ses prétendants qui manifestent envie et jalousie, et non le dégoût ou l’incompréhension auxquels on aurait pu s’attendre. Zola semble suggérer que la situation est courante,...

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Dissertation à propos de Nana