Nana

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Résumé

Au Théâtre desVariétés c’est l’ambiance d’un soir de première : on joue La BlondeVénus, et le rôle est distribuée à une débutante, Nana. Personne ne la connaît, mais le Paris mondain en parlebeaucoup et des rumeurs courent déjà sur cette inconnue. Quand elle apparaîtsur scène, c’est la stupeur : elle ne chante pas bien, ne montre aucuntalent d’actrice et le public se demande ce qu’elle fait là ; mais dansson attitude suggestive, Paris découvre Nana,la femme qui ensorcèle les hommes.

La nouvellecoqueluche de Paris est une jeune femme née en 1852, fille de la blanchisseuse Gervaise (dont l’histoire est au centre de L’Assommoir),et de Coupeau, ouvriercouvreur. Issue des quartiers les plus pauvres, elle habite un grand appartementque l’un de ses nombreux amants lui a offert. Elle vit dans la gêne car elle nepeut honorer les nombreuses factures qui s’accumulent ni subvenir aux besoinsde son fils Louiset quigrandit à la campagne et qu’elle voit rarement. Elle est donc amenée à seprostituer pour une mère maquerelle sordide, la Tricon.

La Blonde Vénus marquele début de la folle ascension de Nana.L’opérette a eu un grand retentissement, ainsi la jeune femme devient-ellecélèbre, non seulement dans les cercles artistiques, mais encore dans lesmilieux privilégiés des hommes riches tels le banquier Steiner, les frères Philippe et Georges Hugon ou encore le comteMuffat, le chambellan del’Impératrice, lesquels vont déshonorer leurs noms pour ses faveurs et sonamour. Ils sont tous épris de cette belle créature sensuelle et impudique qui leurfait entrevoir un monde dont ils ignorent l’existence et qui les fascine.

Pourtant, c’estavec un acteur, Fontan, que Nana se met en ménage. Il n’estpas riche, il l’exploite et la bat, mais il ne l’empêche pas d’avoir desamants, ni même d’avoir recours à la prostitution, bien au contraire. Cettemangeuse d’hommes qui pourrait tenir les plus puissants de Paris sous sa coupese laisse humilier par cet homme à tête de faune pour une raison très simple :elle l’aime. Cette liaison pénible la saigne à blanc, et les quelques sousgagnés au théâtre ne suffisent plus. À court d’expédients, Nana accepte de devenir la maîtressedu comte Muffat, qui la poursuitde ses ardeurs depuis des mois.

Au fil de sonascension, Nana est devenue l’une des grandes cocottes du Second Empire. Ellemène un train de vie princier, habite un luxueux hôtel particulier où elle sefait servir par une foule de domestiques en livrée, tout cela aux frais ducomte Muffat. Elle n’en est pasdevenue fidèle pour autant. Les amants défilent dans son lit : le banquierSteiner, qui se ruinera pourelle ; Philippe Hugon,officier qui ira jusqu’à voler dans la caisse de son régiment pour offrir à Nana les cadeaux qu’elle exige ;Vandeuvres, un homme du monde dela finance qui deviendra un escroc et organisera son suicide en se faisantbrûler avec ses chevaux de courses dans ses écuries. Le petit Georges Hugon, encore adolescent,amoureux de Nana, se suicidera aussià cause d’elle. De tout cela, Nanan’a cure, elle poursuit son chemin jalonné de ruines, détruisant les vies de ceshommes qu’elle méprise ; elle semble être la main de la vengeance dupeuple sur l’aristocratie.

Elle se met enménage avec Satin, uneprostituée qu’elle a connue chez laTricon, et toutes deux prennent un malin plaisir à voir ces hommespuissants détruire ce qu’ils avaient bâti pour quelques nuits partagées avec lajeune femme. Leur victime privilégiée est le comte Muffat, qui subit les pireshumiliations. Le dignitaire de l’Empire a bouleversé sa vie et renié sesvaleurs pour avoir le droit de s’approcher de Nana. Grâce à sa fortune, il lui assure un train princier etcède à toutes ses exigences.

Avec cetteliaison, le digne chambellan austère et dévot devient le jouet d’une cocottecapricieuse qui ne se donne même plus à lui. Il cède aux moindres caprices de Nana, et se laisse humilier de façonabjecte, tandis que sa propre famille s’effondre et que l’Impératrice, choquéepar son comportement, le chasse de son entourage.

C’est lors du GrandPrix hippique, qui marque le point d’orgue de la saison mondaine, que Nana atteint le sommet de sonascension. L’empereur Napoléon III lui-même assiste à cette manifestationsportive. Une pouliche porte le nom de Nana,et c’est elle qui gagne la course. Tout le public de l’hippodrome hurle le nomde l’animal à pleins poumons, l’encourageant, la poussant à aller plus vite etplus loin encore. Et Nana, la croqueused’hommes, la cocotte suprême, la prostituée de luxe qui mange les fortunes etbouleverse les êtres, savoure son triomphe : elle est là, entourée de ses amis,lovée dans les fourrures qui garnissent sa voiture découverte, elle célèbre savictoire en laissant le champagne couler à flots. Celle qui fut une petitepauvresse vit ses plus belles heures, sans accorder une pensée charitable àceux qu’elle a brisés.

Et soudain elledisparaît. Où est-elle ? Partie pour la Russie, à la suite d’un amant immensémentriche ? C’est ce qui se dit à Paris. Elle ne revient dans la capitale qu’àla veille du déclenchement du conflit entre la France et la Prusse. Elle ymeurt atteinte de la petite vérole. C’est son fils, Louiset, qui l’a contaminée. Elle meurt défigurée, hideuse,alors que les rues de Paris sont emplies d’une foule d’hommes qui hurlent « ÀBerlin ! » et vont partir pour une guerre qui sonnera le glas duSecond Empire.

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