Odes et ballades

par

Evolution de la pensée poétique de l'auteur

Evolution de la pensée poétique de l'auteur : On observe à travers les poèmes une évolution des thèmes et de la narration.

Livre I: Dans son premier livre, Victor Hugo narre les aventures de la cour ; cela donne lieu à des poèmes tels que Louis XVII, La mort du Duc de Berry, Bonaparte etc. Nous pouvons lire à travers ses textes le chagrin qui l'envahit à l'annonce de la mort du Duc de Berry : « Fuis les banquets, fais trêve à ton joyeux délire, Paris, triste cité ! Détourne tes regards […] J'entends un prêtre saint dont la voix chancelante, dit la prière des tombeaux. ». Le ton y est exagérément mélancolique et dramatique. La tristesse prédomine avec des termes comme « triste », « désespoir », « pleurs », mais on retrouve également à outrance la présence de la douleur « bourreau », « cris », « douleurs » et de la mort « morte », « funéraires », « pompes sépulcrales ».

Mais peu à peu la vision du poète change, et la royauté est de moins en moins au cœur de ses préoccupations poétiques.

Livre II : Victor Hugo laisse plus de place à des éléments de son entourage direct. Il expose notamment le but de ses œuvres en leur adressant un long texte qu'il nomme A mes odes. Il y explique alors l'intérêt pour un auteur de produire de tels textes : ces odes doivent « s'envoler » afin de parcourir le monde, c'est-à-dire être lues par le plus grand nombre, convaincre et ne pas se laisser déstabiliser par les critiques désagréables et injustifiées : « Mais le temps presse, allez ! Rassemblez vos courages ; Il faut combattre les méchants. ». Ce monologue lui permet de nous exposer les dangers auxquels se risque un auteur lorsqu'il publie ses textes, et les répercussions que cela peut avoir : échec, déchéance, mort littéraire.

Puis vient le temps des guerres et des révolutions qui bouleversent le quotidien et assaillent les esprits. On voit alors apparaître des poèmes qui traitent de ces sujets comme La bande noire, expression désignant une association de malfaiteurs se procurant à bas prix de grands édifices pendant la Révolution Française. Le poème La liberté est une autre manière d'aborder le sujet de la révolution : pour l’auteur, c'est une aberration de vouloir se défaire des rois. A se retrouver sans personne pour le guider, suivant seul son chemin, l'homme risque de se perdre : « O Dieu ! Leur Liberté, c'était un monstre immense, se nommant Vérité parce qu'il était nu […] ».

Il est beaucoup question de mort et de guerre dans ce second livre, qui apparaît bien plus sombre que le premier.

La célébration de l'art : Cette fois c’est aux « grands » de son époque que Victor Hugo adresse son œuvre. Pas de royauté, pas de guerre, c'est ici l'art qui est célébré. Victor Hugo adresse tout d'abord un hommage vibrant à Alphonse de Lamartine, qu'il décrit comme un ange devant lequel tout le monde se courberait tant son talent est grand : « Dieu vous dénombrera d'une voix solennelle. Les rois se courberont sous le vent de son aile. » Il lui adresse plusieurs de ses poèmes dont A Mr Alphonse de L., La lyre et la harpe, et Le poète. Puis c'est au tour de Chateaubriand de voir figurer son éloge dans les odes du grand écrivain. Ce dernier écrira d'ailleurs plus jeune : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Les poèmes traitant de Chateaubriand s’intitulent : Le génie, A Mr. De Chateaubriand. Victor Hugo prouve qu'il sait reconnaître la grandeur et le talent des grands auteurs, et leur rend hommage à travers ses propres œuvres.

Au fil de ses écrits on observe donc une réelle évolution dans la narration: plus axée sur la monarchie et le monde mondain au départ, Hugo va peu à peu se concentrer sur des choses plus accessibles au reste de la population. C'est ainsi que l'on peut lire dans son dernier livre des poèmes adressés à des femmes, des histoires sur la vie et sur la mort, notamment à travers La Grand-mère qui lui est inspirée d'une phrase de Shakespeare « To die, To sleep » (dormir, mourir) et où l'on suit les prières de deux enfants « Oh! Sors de ton sommeil, interromps ta prière; toi qui nous rassurais, veux-tu nous effrayer? […] Tu parlais de la mort… dis-nous, ô notre mère,
qu’est-ce donc que la mort ?… – Tu ne nous réponds pas !
»

Hugo s'inspire également des légendes, des contes et de la religion pour introduire d'autres notions dans ses ballades. Dans La fée et la Péri ce sont les tentations et le paradis qui sont montrés, avec une sorte de morale montrant les cieux comme toujours vainqueurs pour les âmes pures : « Et l’enfant hésitait, et déjà moins rebelle […] Soudain il disparut à leur vue infidèle… Il avait entrevu les cieux! ». Il présente également des personnages fantastiques tels que des sylphes, des fées, des géants, et narre des légende comme La légende de la nonne où il punit les rapports charnels interdits par Dieu, apportant ainsi une morale à son lecteur. Les thèmes de ces dernières œuvres sont donc bien loin de ceux des premières, sûrement suite à l’influence du mouvement Romantique auquel il s'associe peu à peu.

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