Oeuvres poétiques

par

Résumé

I. Méditations poétiques (et religieuses) (1820)

 

C’est le premier recueil d’Alphonse de Lamartine, composé de 30 ou de 41 poèmes selon les éditions, écrits entre 1815 et 1820, empreints de la douleur de la perte de Julie Charles, femme mariée avec qui le poète a vécu un grand amour jusqu’à sa mort en 1817. Dans ce recueil Elvire apparaît comme l’alter ego de la femme réelle aimée, et le poète y exprime le sentiment de solitude après la disparition de l’être cher, et l’apaisement que peut apporter la foi. Les thèmes du lyrisme romantique de la mort, de l’amour et de la nature sont très présents. La musicalité des vers est particulièrement notable.

Le recueil repose sur une forte exaltation du moi, qui était propre à faire écho au désir de recueillement d’une génération sortie des violentes épopées napoléoniennes. C’est dans ce recueil qu’on trouve un des plus célèbres poèmes de la littérature française, « Le Lac », ou encore « L’Isolement », qui contient ce fameux vers : « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! ».

 

         II. Nouvelles Méditations métaphysiques (1823)

 

Ce second recueil, composé de 26 ou 28 poèmes selon les éditions, prolonge le fonds poétique du premier recueil sans susciter le même intérêt, comme si la nouveauté du premier recueil avait assuré une part de son succès, quand le deuxième n’avait plus le même pouvoir de surprendre.

Parmi les pièces les plus connues, figurent « Les Préludes » et « Le Crucifix ». Le poète se montre toujours d’une sentimentalité ardente, et la spiritualité, la religion, la nature, pénétrée de l’âme du poète, tiennent encore une grande place.

 

         III. La Mort de Socrate (1823)

 

Il s’agit d’un long poème évoquant les derniers entretiens de Socrate avec ses disciples avant sa mort, le décor antique n’empêchant pas des accents chrétiens.

 

         IV. Harmonies poétiques et religieuses (1830)

 

Cette fois, c’est le sentiment religieux qui domine sur l’amour parmi les vers. Le recueil est divisé en quatre livres et composé de 15 textes.

Ce recueil inspirera à Franz Liszt des pièces pour piano. Lamartine y adjoindra, plus tard, comme aux Méditations, des commentaires fournissant un contexte aux poèmes, où l’auteur ne se révèle pas toujours exact.

 

         V. La Marseillaise de la Paix (1841)

 

Lamartine quitte son registre habituel pour répondre à un poème belliqueux de l’Allemand Becker. Le poète s’adresse directement au Rhin, fleuve légendaire et frontalier ; les vers illustrent une fois de plus cette communication muette qui semble lier leur auteur aux forces de la Nature, comme s’il jouissait d’une relation privilégiée avec Elle. Le Rhin est ici évoqué comme une frontière naturelle séparant les deux peuples, français et allemand, qui a vu passer des soldats dans les deux sens depuis des siècles. Lamartine rend hommage à cet élément de la nature qui a vécu en quelque sorte toutes les guerres qui ont opposé les hommes ; les soldats ont bu de son eau sans jamais l’assécher, preuve qu’il survit et survivra aux conflits et aux hommes.

Ce poème est surtout une ode à la paix. Lamartine répond à l’esprit belliqueux de Nicolas Becker par des mots apaisés. Il montre que le Rhin représente une frontière naturelle que les hommes n’ont pas construite eux-mêmes. Les hommes peuvent faire le choix de s’unir et doivent arrêter de combattre. Le poète affirme qu’il n’y a pas de frontières, sauf dans l’esprit de ceux qui veulent se diviser et s’affronter.

Lamartine prône donc la fraternité européenne et plus généralement l’internationalisme. Le Rhin, champ de bataille chez Becker, se fait lieu de tourisme et de commerce lorsqu’il coule dans l’humanitarisme tout romantique de Lamartine. Au-delà des conflits, le poète sait voir les qualités de l’Allemagne comme celles de la France : « Nations ! mot pompeux pour dire : barbarie ! […] L’égoïsme et la haine ont seuls une patrie ; / La Fraternité n’en a pas ! ».

 

VI. La Vigne et la Maison (1857)

 

Dans ce dernier grand poème, Lamartine aborde le thème sacré de la famille comme s’il était la conclusion inéluctable de son œuvre, comme si elle était la seule chose qui compte au crépuscule de l’existence humaine.

Le poète voit sa maison de campagne familiale sous la forme d’éléments du monde naturel, dotés du souffle de la vie : « On eût dit que ces murs respiraient comme un être ». Il évoque la vie dans une maison de campagne, les figures de la mère, des filles ; l’énergie du foyer familial fait écho à l’énergie vitale de la Nature. Cependant, comme souvent, le poète déplore avec mélancolie la course inexorable du temps, mais se réjouit de voir les enfants grandir. Les filles quittent la maison et leurs terres natales car elles se marient, et tracent à leur tour le chemin de leur propre existence, loin du nid parental. L’énergie vitale du foyer perd en intensité, peu à peu dépossédé de ses éléments ; les vieillards finissent par mourir un à un, jusqu’à ce que le dernier meure à son tour. La vie alors disparaît totalement ; la maison est laissée à l’abandon : « Puis la porte à jamais se ferma sur le vide, / Et l’ortie envahit les cours ! »

 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >