Oeuvres poétiques

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Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine est un écrivain français né en 1790 à Mâcon
(Bourgogne) et mort à Paris en 1869. Il naît dans une famille appartenant à la
petite noblesse provinciale, dite de robe, très attachée à la royauté et au
catholicisme. Son père, Pierre de Lamartine, est un seigneur, chevalier de Pratz
et capitaine au régiment Dauphin-cavalerie. Sa mère, Alix des Roys, est l’une
des filles du général de M. le duc d’Orléans ; c’est une femme éduquée qui
admire Fénelon et Racine et qui participe à l’éducation de son fils.

Alphonse de Lamartine grandit dans un environnement où la nature et la
religion occupent une place prépondérante. Il fait des études à Lyon puis à
Belley, avant d’entreprendre un voyage en Italie qui durera près d’une année
(1811-1812) ; il y rencontre une belle Napolitaine qui inspirera son roman
Graziella.

De retour en France, il occupe brièvement une fonction de garde du corps de
Louis XVIII ; lorsqu’éclatent les Cent-Jours, il démissionne et se réfugie en
Suisse. De retour à Milly, il mène une existence oisive de séducteur.

En 1816, il vit un grand amour avec Julie Charles, une femme mariée, de six
ans son aînée, atteinte de tuberculose galopante. Leur relation sentimentale
durera jusqu’en décembre 1817, moment où Julie décède de son mal. La douleur
qu’il en ressent embaume son premier recueil de poésie, Méditations poétiques (et religieuses), qui paraît en 1820 et
remporte immédiatement un immense succès. Pour beaucoup de critiques
littéraires, c’est dans ces premières œuvres que tout le talent lyrique
d’Alphonse de Lamartine s’exprime avec le plus de profondeur. Julie Charles y
apparaît sous les traits d’Elvire, et le poète exprime dans ce recueil la
solitude après la disparition de l’être cher, et l’apaisement que peut apporter
la foi. Lamartine s’était vanté d’avoir fait « descendre la poésie du
Parnasse », et d’avoir donné à la Muse plutôt qu’une « lyre à sept cordes
de convention, les fibres mêmes du cœur de l’homme, touchées et émues par les
innombrables frissons de l’âme et de la nature ». Le recueil repose donc sur
une forte exaltation du moi, qui était propre à faire écho au désir de
recueillement d’une génération sortie des violentes épopées napoléoniennes.
C’est dans ce recueil qu’on trouve un des plus célèbres poèmes de la
littérature française, « Le Lac », ou encore « L’Isolement »,
qui contient ce fameux vers : « Un seul être vous manque, et tout est
dépeuplé ! ».

Fort de sa popularité fraîchement acquise, Alphonse de Lamartine épouse Marianne-Élise
Birch, une Britannique. Ensemble, ils entreprennent quelques voyages en Italie
et en Angleterre. En 1822, le couple donne naissance à Julia. Trois ans plus
tard, Lamartine obtient un poste de secrétaire auprès de l’ambassade de France
à Florence en Italie. En 1823, il avait publié La Mort de Socrate, long poème évoquant les derniers entretiens de
Socrate avec ses disciples avant sa mort, le décor antique n’empêchant pas des
accents chrétiens. La même année était parue une suite aux Méditations métaphysiques, les Nouvelles
Méditations métaphysiques
, qui prolongent le fonds poétique du premier
recueil sans susciter le même intérêt, comme si la nouveauté du premier recueil
avait assuré une part de son succès, quand le deuxième n’avait plus le même
pouvoir de surprendre. Parmi les pièces les plus connues, figurent « Les
Préludes » et « Le Crucifix ». Le poète se montre toujours d’une
sentimentalité ardente, et la spiritualité, la religion, la nature, pénétrée de
l’âme du poète, tiennent encore une grande place.

En 1829, Alphonse de Lamartine est élu à l’Académie française, soit un an
avant de démissionner de ses fonctions diplomatiques. Il rentre en France et y entame
une carrière politique en rejoignant la monarchie de Juillet. Candidat
malheureux à la députation, il reprend son travail d’écrivain et publie Sur la politique rationnelle. En 1832,
il visite la Grèce, le Liban et se rend à Jérusalem où il se recueille devant
le Saint-Sépulcre. À la suite de ce voyage, il devient – aux côtés de Victor
Hugo – l’un des plus ardents défenseurs de la cause serbe.

En 1830 avait paru son troisième recueil de poésie, Harmonies poétiques et religieuses. Cette fois, c’est le sentiment
religieux qui domine sur l’amour parmi les vers. Ce recueil inspirera à Franz
Liszt des pièces pour piano. Lamartine y adjoindra, plus tard, comme aux Méditations, des commentaires
fournissant un contexte aux poèmes, où l’auteur ne se révèle pas toujours
exact.

En 1833, il est finalement élu député et le restera jusqu’en 1851 ; il
sera un élu consciencieux. Sa vision politique évolue du royalisme au
républicanisme. Même s’il démontre de belles qualités d’orateur politique comme
d’écrivain, ce changement est souvent mal compris par ses contemporains. Certains
critiques lui reprochent d’utiliser son art pour le mettre au service de ses visions
politiques. Proche d’Honoré de Balzac, ils participent conjointement, en 1838,
à la défense d’un condamné à mort à Bourg-en-Bresse, qui sera finalement guillotiné.

En 1836 avait paru Jocelyn, deux
ans plus tard La Chute d’un ange, des
romans en vers qui se voulaient des épisodes d’une épopée
symbolico-philosophique où il s’agissait pour Lamartine de donner des exemples
de souffrance librement consentie pour figurer l’ascension de l’âme vers Dieu. Jocelyn en particulier est un hymne à
l’espérance, à la beauté et à la bonté qui illustre un optimisme sans faille
chez l’auteur.

En 1841, La Marseillaise de la Paix
vient en réponse au Rhin allemand (1840)
de Nicolas Becker ; Lamartine y prône la fraternité européenne et plus
généralement l’internationalisme. Le Rhin, champ de bataille chez Becker, se
fait lieu de tourisme et de commerce lorsqu’il coule dans l’humanitarisme tout
romantique de Lamartine. Au-delà des conflits, le poète sait voir les qualités
de l’Allemagne comme celles de la France : « Nations ! mot
pompeux pour dire : barbarie ! […] L’égoïsme et la haine ont seuls
une patrie ; / La Fraternité n’en a pas ! ». De son côté, Musset
répondra sur un ton plus proche de celui de Becker.

Ses difficultés financières mènent Lamartine à envisager de quitter la
politique, mais il s’attelle plutôt à son Histoire
des Girondins
, un des grands succès de librairie de l’époque, publié en
1847. L’ouvrage commence à la mort de Mirabeau et se termine avec celle de
Robespierre. Lamartine voyait l’histoire comme « la poésie de la réalité »,
« la plus haute tragédie ». Les faits rapportés relèvent souvent de
la légende, de celle qui reprend ou de celle qu’il crée, mais l’œuvre demeure,
de par ses qualités littéraires, un véritable poème de la Révolution, propre à
inspirer celle qui se préparait.

En 1848, lorsque la Deuxième République est proclamée, Lamartine est nommé ministre
des Affaires Étrangères dans le gouvernement provisoire. Faisant preuve d’un
grand courage, il demeure en place de Grève à expliquer les projets de la
commission et à calmer les esprits. Ce fut l’apogée de sa vie publique.
Farouche abolitionniste, il a l’honneur d’être le signataire du décret
abolissant l’esclavage.

 Lors des premières élections
présidentielles qui voient l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte, il est lui-même
candidat mais subit une lourde défaite (il ne rassemble que 0,26 % des
suffrages exprimés), et décide alors de se retirer de la vie politique.

Son goût pour la belle vie et pour les grands domaines lui amène des problèmes
d’argent encore plus grands. Ayant accumulé trop de dettes, l’homme de lettres décide
d’orienter sa production littéraire de façon à engranger un maximum de
bénéfices, abandonnant au passage son génie artistique. Cela n’empêchera
cependant pas sa situation de se détériorer, ce qui l’oblige à vendre son château
de Milly en 1860.

En 1852 était paru à part Graziella,
un récit en partie autobiographique d’abord inséré dans les Confidences, où le poète idéalisait ses
amours avec Julie Charles. Graziella est dans le récit la fille d’un pêcheur
que le poète rencontre après avoir frôlé la mort lors d’une ballade en barque. Après
des jours de bonheur à ses côtés, Lamartine doit abandonner la jeune fille,
qu’il est finalement allée chercher au couvent, sur un ordre de sa mère de
rentrer en France.

Contrairement à Flaubert qui parlait d’un « esprit eunuque »,
Alfred de Vigny voyait dans l’œuvre de Lamartine « une verve de cœur, une
fécondité d’émotion qui le font toujours adorer, parce qu’il est en rapport
avec tous les cœurs ».

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