Oeuvres poétiques

par

Une poésie romantique révélatrice de son époque

Lamartine est un grand poète romantique, dont le travailregorge de nombreux chefs-d’œuvre, notamment Le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851) et La Vigne et la Maison (1857).

Il est évidemment l’auteur du très célèbre poème « LeLac », à l’apostrophe inoubliable : « O Temps, suspends tonvol ! » et au fameux quatrain :

 

« Un soir, t’ensouvient-il ? Nous voguions en silence ;

On n’entendait auloin, sur l’onde et sous les cieux,

Que le bruit desrameurs qui frappaient en cadence

                     Tes flots harmonieux. »

 

dont l’immortalité lui vaut uneplace dans les pages de Tintin. Lamartine a connu de son vivant la gloire, maisun certain oubli le recouvre depuis. Il y a des raisons à cela ; sa poésiepeut sembler fade de nos jours, même molle ; l’effet extraordinairequ’elle eut à sa publication nous échappe. Cette réaction a commencé de sonvivant, quand les générations lui succédant le trouvent désuet, œuvrant dansdes formes révolues qui empêchent l’épanouissement de sa vision. Pourtant, ilfut longtemps le chef de file des romantiques en France ; il affirmerad’ailleurs sa place en écrivant LeDernier Chant du pèlerinage de Childe Harold, suite et réplique au poème àsuccès de Lord Byron qui faisait se pâmer tout le lectorat sensible del’époque. Au même titre qu’un écrivain tel que Théophile Gautier auquel lesauteurs rendirent hommage bien plus tard (tel Baudelaire dans Les Fleursdu mal), Lamartine incarne une personnalité majeure du mouvementromantique.

L’immortalité poétique de Lamartine est vite acquise :ses Méditations de 1820, où se trouve« Le Lac », eurent un succès énorme (certains disent que jusqu’à 45000 copies auraient été vendues en quatre ans). Toute la France se met àchanter Elvire, sous qui se cache Julie Charles, l’amante décédée de Lamartinequi est la muse du recueil. La poésie française évoluait depuis un certaintemps vers le romantisme, mais ce sont lesMéditations poétiques qui cristalliseront cette évolution et donneront lesigne du renouveau. Il s’agit d’une poésie primant le moi, une poésie égotiste(pas égoïste) qui donne le droit aux poètes de s’affirmer bien au centre deleur écriture et de faire une poésie personnelle, où la personnalité del’auteur peut s’afficher sans crainte. Il donne aussi le ton mélancolique quifera fureur et ouvre la voie au courant sentimental. De plus, sans renierentièrement les allusions classiques, Lamartine se place pleinement auprésent ; il ne se cache pas derrière des affublements grecs ou romains.L’histoire d’amour contée par lesMéditations est toute contemporaine, tout comme l’est l’ardeur romantiquedu poète qui, dans « L’Enthousiasme », déclare être prêt à négligersa gloire pour pouvoir aimer. Ce dévouement passionnel est la moelle même duromantisme.

Mais malgré la centralité du moi des poèmes de Lamartine,ils innovent aussi en créant un nouveau rapport avec le lecteur. Car même entouchant aux grands thèmes, Lamartine demeure intime. On sent qu’il nous parledirectement et qu’il s’attend à une véritable sympathie de notre part, dans leplein sens du mot. Il considère comme acquis que nous comprendrons ce qu’ilressent, et que nous le ressentirons avec lui. La pleine compréhension ne peutvenir que d’une fonte du lecteur avec le poème. Le lecteur se met à ressentirl’émotion du poète, et quand ce dernier y donne voix, la réaction suscitée estqu’on ressent que c’est là ce que nous aurions voulu dire en de tellescirconstances.

Si l’on se souvient surtout de Lamartine pour sa poésie, ilfaut rappeler que son œuvre ne se résume pas à cela. On y retrouve unedemi-douzaine de romans (dont Graziella,qui sera son livre le plus lu), autant de récits autobiographiques ou devoyage, ainsi que des textes historiques et un Cours familier de littérature. Son Voyage en Orient compte comme l’un des meilleurs récits de voyagede l’époque.

 

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