Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre

par

CONFIRMATION

La mort est inéluctable et peu importe avec quelle ardeur on avécu, la mort vient, pour tous, et nous plonge dans l’anonymat, l’égalité. Onmourra tous, les rois comme les gueux. Ces affirmations d’ordre général etphilosophique laissent peu à peu place à un éloge de la défunte.

            Henriette d’Angleterrea pour elle non seulement une lignée flamboyante, mais en plus une vertuexemplaire, un esprit et un cœur d’une grande valeur. Douce, digne, intelligente,et par-dessus tout modeste, Henriette d’Angleterre est un modèle pour tous.Bossuet narre, dans le désordre, quelques petits faits qui appuient son propos.

Henriette avait la qualité suprême d’avoir un esprit à lafois ferme et ouvert. Elle considérait toujours les avis opposés avec intérêtet ne les réfutait qu’au cas où elle les estimait réellement erronés. Ellerefusait la contradiction en bloc, par principe. Bossuet dit ne trouver cettedisposition que chez elle. Henriette préférait l’histoire à la fiction, etBossuet trouve ce choix très sain puisque d’après lui, l’histoire enseigne indirectementla morale tandis que la fiction n’est que mensongère et trompeuse. Henrietteétait également une confidente fiable, qui jamais ne laissait échapper unsecret. Elle faisait la joie de tous ceux qu’elle côtoyait.

            Cette descriptiondes qualités d’Henriette d’Angleterre n’est pas gratuite. Elle ne sert qu’àréitérer le propos pessimiste de Bossuet : vos vies, aussi vertueuses etexemplaires soient-elles, n’ont pas de valeur ; il est impossible de sedistinguer par quelque côté que ce soit, puisque la mort nous attend tous. Dieuaurait rappelé Henriette d’Angleterre pour donner une leçon aux vivants – etqu’on ne le trouve pas cruel, car la mort est plus souhaitable que la vie.

            Bossuet en vient à ladeuxième partie de son raisonnement. Si le corps est petit et nous plonge dansl’insensé, l’âme au contraire, en ce qu’elle est reliée à Dieu, en ce qu’ellenous permet de le découvrir et de l’identifier comme notre vénérable créateur,est grande – ou au moins potentiellement grande. Le christianisme de Bossuetest résolument stoïcien. Ce qui importe, c’est d’être fidèle à son âme,c’est-à-dire à Dieu, et l’on ne doit pas craindre la pauvreté, le déshonneur.Ce sont des accidents de la vie qui importent peu. On doit viser l’éternité.Bossuet, en s’appuyant sur les paroles de saint Augustin et en détaillant lapiété d’Henriette d’Angleterre, nous précise ce qu’il est bon de faire pourvivre en parfait chrétien. 

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