Peau de chagrin

par

L'agonie

Le récit fait un bond de plusieurs mois jusqu’en décembre. Un vieillard – ancien professeur de Raphaël – cherche son ancien élève chez lui. Le domestique lui apprend la vie passée de son maître, qui mène une vie singulière. Il a dépensé des fortunes pour acheter et meubler son hôtel, mais n’y reçoit personne, passe ses journées au rythme d’un rituel monotone, et ne fait que lire. Le professeur peut enfin arriver jusqu’à Raphaël : c’est un cadavre vivant. Cet homme vit, depuis l’orgie où il a émis le vœu de devenir riche, en tentant de ne rien souhaiter, pour que la peau de chagrin ne disparaisse pas, ce qui signerait sa mort. Le vieil homme lui demande d’intercéder en sa faveur pour obtenir une charge de proviseur. Raphaël laisse alors échapper qu’il « souhaite vivement » qu’il réussisse, puis il voit avec effroi la peau de chagrin rétrécir à nouveau.

         Le soir, Raphaël se rend à l’opéra et rencontre le vieil homme qui lui a vendu la peau au bras d’une danseuse magnifique. Une femme vient soudain s’assoir à côté de lui dans la loge. Il refuse de la regarder, malgré l’admiration qu’elle suscite dans toute la salle, et les coups d’œil de ses amis lui enjoignant de s’intéresser à elle. Il se retourne tout de même, sans le faire exprès, et se retrouve figé d’étonnement : c’est Pauline qui attire ainsi tous les regards, radieuse de beauté. Elle lui demande de venir chez elle pour lui redonner les papiers qu’il lui avait confiés avant de disparaître dans le monde. De retour chez lui, il souhaite qu’elle l’aime, tant son cœur brûle soudain d’amour. La peau ne rétrécit pas : il espère que le pacte est rompu.

Quand Raphaël et Pauline se revoient, ils se déclarent leur amour. La jeune femme a retrouvé son père, elle est maintenant une riche héritière. Ils prévoient leur mariage dans une dizaine de jours. Quand Raphaël revient chez lui, il mesure la peau de chagrin, qui a bel et bien rétréci, et constate qu’il n’a plus que deux mois à vivre. L’urgence le jette chez Pauline, pour connaître le bonheur d’aimer avant la fin.

         En février, Raphaël vit avec Pauline. Un jour le jardinier vient le voir avec la peau de chagrin qu’il a retrouvé dans l’étang. Raphaël pâlit en voyant qu’elle se réduit à présent à peu de chose. Il va voir un savant, un médecin à qui il soumet le cas de la peau de chagrin. Celui-ci lui conseille d’aller voir un savant en mécanique, Planchette, qui pourra peut-être l’étirer et donc l’agrandir. Planchette lui dit de venir avec lui dès le lendemain pour se rendre chez un mécanicien dont une des machines pourra peut-être l’aider. La tâche se révèle impossible. Raphaël va alors voir un chimiste, qui se heurte encore à un échec.

         En mars, nous retrouvons Raphaël en Savoie, entouré de médecins qui se battent pour expliquer l’état de cet homme, et les remèdes à choisir. Mais excepté les médecins, tout le monde fuit cet homme aux allures de cadavre, qui fréquente néanmoins le « Cercle ». Des jeunes gens lui intiment cependant de ne plus venir, tant sa figure leur est désagréable, et le provoquent en duel. Raphaël souhaite gagner, et touche son adversaire au cœur, en visant au hasard.

Il se rend ensuite dans un autre lieu de convalescence et vit bien mieux au milieu des montagnes, sans désirs. Mais il est sans cesse dérangé par les paysans chez qui il vit, qui commentent son état et lui inspirent de potentiels désirs. Il s’en va encore, et retourne dans un de ses domaines, tentant de s’éloigner de toute société. Des lettres de Pauline l’y attendent : il veut les brûler, car il pense qu’elles feraient naître en lui des souhaits. Il demande alors à son serviteur de l’opium, pour le mettre dans un état de somnolence permanente. Pourtant, sa fuite loin du monde est impossible : Pauline, amoureuse, vient le rejoindre. Elle ne comprend pas la distance que met son mari entre eux, imagine une maîtresse. Raphaël lui révèle alors l’existence du talisman, et elle tente de se donner la mort dans sa chambre. Raphaël veut la rejoindre ; elle s’est enfermée, il lui dit qu’il veut « mourir à elle ». Il parvient à enfoncer la porte, se jette sur sa femme, brise le châle dont elle s’étrangle, tente de lui dire son désir mais n’y parvenant pas, la mord « au sein » et meurt. Pauline est persuadée de l’avoir tué.

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