Peau de chagrin

par

Le Talisman

Le roman s’ouvre sur une longue description des maisons de jeu, de leurs coutumes et de leurs clients. Le panorama se suspend alors, tout comme la vie dans la pièce décrite, à l’arrivée d’un jeune homme étrange. Cette figure sans vie soulève de nombreuses théories chez les clients de la maison : est-ce le jeu, ou les études qui en sont responsables ? Mais une passion plus grave dévore la physionomie et l’énergie de cet homme, passion que ne révèle pas le narrateur. Ce jeune homme perd son argent au jeu et les autres joueurs pensent qu’il va se suicider : une longue réflexion du personnage prend alors place sur le suicide, retrace sa promenade dans Paris qui le mène au lieu de sa mort fantasmée.

         « Cet homme presque mort »rentre soudain chez un marchand de curiosités, où il compte flâner une dernière fois avant sa mort. Au milieu de l’avalanche d’objets insolites, il trouve une boîte dont la clé se trouve chez le propriétaire ; le vendeur s’en va la chercher. Mais c’est le propriétaire qui vient en personne. Son apparence fantastique impressionne le jeune homme. Alors que ce nouveau venu lui a montré le contenu de la boîte – un portrait de Raphaël –, l’inconnu annonce qu’il n’a plus qu’à aller mourir, puisqu’il a satisfait sa dernière curiosité. Le vieil homme ne comprend pas, le questionne sur les raisons de sa décision, et finit par lui intimer de regarder la « peau de chagrin » – du nom d’une certaine sorte de cuir – accrochée au mur, qui irradie merveilleusement. Curieux, le jeune homme reconnaît l’objet mais il dit ne pas croire à ces superstitions. La peau révèle des inscriptions :

SI TU ME POSSÈDES, TU POSSÉDERAS TOUT.
MAIS TA VIE M’APPARTIENDRA. DIEU L’A
VOULU AINSI. DÉSIRE, ET TES DÉSIRS
SERONT ACCOMPLIS. MAIS RÈGLE
TES  SOUHAITS  SUR  TA  VIE.
ELLE  EST  LÀ.  À  CHAQUE
VOULOIR JE DÉCROÎTRAI
COMME TES JOURS.
ME  VEUX-TU ?
PRENDS. DIEU
T’EXAUCERA.
– SOIT !

Le jeune homme, intrigué, voudrait cependant connaître le fin mot de cette superstition. Le vieux n’a jamais rencontré personne qui ait osé passer ce pacte ; il se livre à une apologie d’une vie vouée au savoir, plus qu’au vouloir et eu pouvoir, et tente par là de dissuader son client. Mais le jeune homme n’a que faire de ces considérations morales : il veut vivre dans l’excès, et la peau de chagrin lui en donnera, semble-t-il, la possibilité.

         En sortant du magasin, l’inconnu tombe sur trois de ses amis qui le cherchaient depuis une semaine. Le lecteur apprend à cette occasion que le protagoniste se prénomme Raphaël. Ils vont ensemble dans un hôtel où se retrouvent de nombreux intellectuels. Balzac se livre alors à une longue description satirique de la société mondaine du XIXe siècle, et du panorama des différentes professions et des divers courants d’idées en vogue. Après le repas, des femmes attendent les convives dans une pièce annexe. Raphaël rencontre là Aquilina. Il raconte à Émile, un de ses amis, ce qui l’a amené à vouloir se suicider.

         La narration est dès lors prise en charge par Raphaël, qui entame une rétrospective de sa vie. Après la mort de son père, il s’est jeté dans le monde et la conquête des femmes. Se heurtant à de nombreux échecs, il s’est consacré aux études pour les impressionner par son savoir. Il tente alors, pour produire un chef-d’œuvre, une ascèse d’ermite. La servante de sa pension, Pauline, l’entoure d’attention, tant elle a pitié de ce jeune homme qui vit misérablement. Son père étant mort dans une campagne napoléonienne, sans pouvoir lui donner d’éducation, Pauline doit subir sa condition de servante ; Raphaël tente alors de terminer son éducation. Pauline lui offre son corps et son amour, mais il la dédaigne, d’abord par probité, mais surtout parce qu’il rêve d’une figure de femme aristocratique, raffinée, inatteignable. Sur ce, il rencontre Rastignac qui lui montre une autre manière de penser : vivre dans le monde, se faire connaître, être mondain, voilà la clé de la réussite.

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