Pelléas et Mélisande

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Le ton de la pièce

Maeterlinck met en place un ensemble de procédés pour donner à Pelléas et Mélisande une atmosphère particulière. D’abord, les personnages sont placés sur la scène sans passé, sans histoire. On ne sait rien de ce qu’ils étaient, de ce qu’ils voulaient, de ce qui les définissait. Le spectateur n’a donc aucun élément à sa disposition pour cerner les personnages, hormis les actions qui prennent place sous ses yeux. Ainsi, lorsque Golaud trouve Mélisande, il ne parvient pas, malgré ses interrogations, à avoir le moindre renseignement sur le passé de sa future femme. Il ne sait pas ce qui la faisait pleurer, il ne sait pas d’où vient la couronne qu’elle a fait tomber dans l’eau. Le spectateur, comme Golaud, ne sait donc rien de Mélisande. Même le décor est peu défini, et le nom du royaume d’Allemonde renvoie très vaguement à un royaume nordique, mais aussi à tous les royaumes du monde.

« Un soir, je l’ai trouvée tout en pleurs au bord d’une fontaine, dans la forêt où je m’étais perdu. Je ne sais ni son âge, ni qui elle est, ni d’où elle vient et je n’ose pas l’interroger, car elle doit avoir une grande épouvante, et quand on lui demande ce qui lui est arrivé, elle pleure tout à coup comme un enfant et sanglote si profondément qu’on a peur. Au moment où je l’ai trouvée près des sources, une couronne d’or avait glissé de ses cheveux, et était tombée au fond de l’eau. Elle était d’ailleurs vêtue comme une princesse, bien que ses vêtements fussent déchirés par les ronces. Il y a maintenant six mois que je l’ai épousée et je n’en sais pas plus qu’au jour de notre rencontre. »

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Dissertation à propos de Pelléas et Mélisande