Pelléas et Mélisande

par

Mélisande

C’est l’épouse de Golaud. Il la rencontre une nuit, de retour de la chasse, se lamentant au bord d’une fontaine. Au fond de l’eau doucement ridée devant elle, il aperçoit le reflet d’une couronne scintillante, qui semble être tombée de sa tête alors qu’elle pleurait. Ceci nous permet donc de présumer son appartenance à une famille royale, ou alors son évasion d’un mariage qui aurait fait d’elle une reine ou une princesse. Mis à part cela, la pièce ne révèle pas grand-chose sur ses origines, et son époux Golaud lui-même n’en sait pas plus que nous, et ceci bien après six mois de mariage : « Je ne sais ni son âge, ni qui elle est, ni d’où elle vient et je n’ose pas l’interroger, car elle doit avoir eu une grande épouvante, et quand on lui demande ce qui lui est arrivée, elle pleure tout à coup comme un enfant, et sanglote…Il y a maintenant six mois que je l’ai épousée et je n’en sais pas plus que le jour de notre rencontre. »

Néanmoins, d’après le caractère qu’elle exhibe aux côtés de son époux Golaud et surtout de Pelléas, on peut très vite s’apercevoir que Mélisande est une femme espiègle sous ses airs innocents. Elle évite les questions que Pelléas lui pose lorsqu’ils sont au bord d’une fontaine dans le parc par exemple. Elle lui avoue que lors de leur première rencontre Golaud avait voulu l’embrasser, mais qu’elle a refusé. Mais lorsque Pelléas lui demande pourquoi, elle détourne la conversation. De même, Pelléas lui conseille de ne pas jouer avec son alliance au-dessus de la fontaine, mais elle l’ignore et continue de lancer son anneau encore plus haut, au point qu’il finit par tomber dans l’eau. Et lorsque Pelléas décide de le chercher, elle l’en empêche : « Non, non, nous ne la retrouverons plus, nous n’en trouverons pas d’autres non plus… »

Mélisande est mystérieuse et son comportement à l’égard de Pelléas est intrigant, ce qui soulève encore plus de questions à son sujet. Bien qu’elle paraisse sensible et fragile, elle semble aimer provoquer le danger. Lorsqu’elle demande à Pelléas, au sujet de l’anneau : « Qu’allons-nous dire à Golaud s’il demande où il est ? », sa question n’est pas la preuve d’une préoccupation sincère, mais ressemble beaucoup plus à un test à l’endroit de Pelléas. Et de retour au foyer conjugal, elle ment à son époux au sujet de la perte de son alliance : « elle est tombée… Elle doit être tombée… mais je sais où elle est… ».

Et comme si ses discrètes intrigues ne suffisaient pas, elle fait même croire à Golaud que Pelléas ne lui porterait point d’affection : « Il ne m’aime pas, je crois ; je l’ai vu dans ses yeux… »

Mélisande se comporte donc en véritable coquette. Elle attire volontairement l’attention de Pelléas, mais lorsqu’elle l’obtient elle le rejette : « Laissez-moi ; je préfère marcher seule… » Elle accepte sur le coup, puis refuse, comme si elle ne savait pas ce qu’elle veut. Elle ne dit jamais réellement ce qu’elle pense, est toujours dans l’hésitation, et on est presque tentés de ne jamais croire en ce qu’elle dit, sauf peut-être cette confession qu’elle fait à Pelléas lorsqu’il doute d’elle : « Non, je ne mens jamais ; je ne mens qu’à ton frère… ».Ce n’est d’ailleurs qu’à la veille du départ de Pelléas qu’elle lui avoue réellement et clairement les sentiments qu’elle éprouve pour lui.

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