Quand j'avais cinq ans je m'ai tué

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Résumé

Gilbert Rembrandt, surnommé Gil, raconte son histoire au lecteur avec ses mots d’enfant, ses approximations verbales, sa sincérité totale et son immense innocence. Il n’est pas capable de distinguer entre le bien et le mal. Comme la plupart des enfants de son âge. Gil vit aux États-Unis. L’histoire se déroule durant la guerre froide, à la fin des années cinquante ou au début des années soixante.

Quand Gil commence son récit, il vient d’être admis dans une institution pour enfants souffrant de troubles du comportement, la Résidence Home d’Enfants les Pâquerettes. Son papa et sa maman l’y ont emmené, et l’ont laissé là-bas, sans lui donner d’explications. Il a fait « quelque chose de très mal » à son amie Jessica Renton. Gil se sent horriblement seul sans ses parents, son frère Jeffrey, sa couverture fétiche Pougnougnou, Câlinot le Singe, et Jessica qui lui manque beaucoup. Il est inquiet pour elle et il a peur de ne plus la revoir !

Son thérapeute s’appelle le docteur Nevele. Pendant les séances, il ne dit presque rien. Il pose des questions et garde le silence quand c’est à lui de répondre et les rares informations qu’il donne à Gil n’ont rien de rassurant : ses parents ne peuvent pas encore venir le voir ; quant à Jessica, non dit-il, elle ne lui a pas écrit ! Gil se sent terriblement seul dans cette institution peuplée d’enfants qui se comportent, à ses yeux, comme des fous. Il est vrai que Gil n’est pas toujours très sociable et répond souvent au monde qui l’entoure par la violence physique : il jette les papiers du docteur Nevele par terre, renverse sa bibliothèque, donne des coups de poing à ses camarades. Mais c’est leur faute, aussi !

Les autres ne comprennent rien quand il parle. Gil semble en effet être un enfant d’une grande intelligence, doté d’une imagination fertile et débordante qui l’emmène dans un monde imaginaire et qui représente, pour lui, la réalité, plus importante que celle du quotidien. Il n’y a que son copain Shrubs – appelé en réalité Kenny –, son meilleur ami, un mauvais élève qu’il considère comme son frère de sang, qui le comprenne et l’accepte tel qu’il est.

Et puis les autres mentent. Le docteur Nevele lui dit que Jessica ne lui a pas écrit, alors qu’en réalité, il cache les lettres de la petite fille. Ses parents sont des menteurs, oh, ils ne disent pas de gros mensonges, mais tout de même ceux que l’on dit aux enfants pour alléger le quotidien des adultes. Mais c’est injuste ! Gil, lui, veut être un bon petit citoyen, comme on lui enjoint de l’être, et ce sont les autres qui ne jouent pas le jeu. Et puis on l’agresse aussi, sans raison. Parfois ce sont les camarades de classe, comme Marty Polaski qui lui dit tout le temps des choses méchantes, ou bien le docteur Nevele qui pour le calmer l’enserre dans une ceinture de contention, ou bien Mademoiselle Kolshar qui ne supporte pas de le voir gagner au concours d’orthographe. Même son papa, sous prétexte de lui apprendre à nager, a fait naître en lui une peur panique et depuis il a « la phobie des piscines » : pas question d’y remettre les pieds ! Alors non, il ne veut pas aller à la piscine avec les autres enfants de la résidence, quitte à passer encore une fois pour un méchant garçon.

À la résidence, il n’y a que « le roux » qui le comprend. C’est un docteur. Il s’appelle Rudyard, et celui-là vient volontiers parler avec lui. Il sait se mettre à la place d’un enfant comme Gil, lui raconte des histoires de sa propre enfance, et réussit même à lui apprendre un peu à nager, parce qu’il s’y prend avec douceur. Pas question de ceinture de contention avec lui ! Malheureusement, Rudyard n’est pas le docteur en charge du cas de Gil, et le docteur Nevele n’apprécie pas du tout qu’un confrère s’immisce dans la thérapie appliquée au petit garçon. Les choses vont même très loin, puisque Rudyard est mis à la porte du service suite à une intervention du docteur Nevele. Gil perd alors son seul ami de la résidence. Ah, si seulement il pouvait recevoir une lettre de Jessica !

Jessica est comme lui : elle a une imagination extraordinaire qui l’emmène loin du monde réel. Elle a connu des moments difficiles, comme le jour où son père est mort, le jour de Thanksgiving, où Jessica est partie galoper sur son cheval Blackie dans un monde où elle a moins de chagrin. Cela, les adultes ne le comprennent pas. Mais Gil, lui, le comprend. Alors les deux enfants sont irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, se sauvent ensemble de l’école, se promènent dans les rues de la ville et font des bêtises – enfin c’est comme ça que les adultes appellent ça, et Jessica trouve une épaule compatissante sur laquelle épancher son chagrin. Ils s’aiment, et leur sentiment est grand, très grand pour leurs esprits d’enfants. Ils ne comprennent pas cet appel du corps qu’ils ressentent. D’ailleurs, comment peuvent-ils le savoir : on ne parle pas de ces choses-là aux enfants. C’est mal ! Et quand Mme Renton, la mère de Jessica, trouve les deux enfants de huit ans dans la chambre de sa fille dans une situation qui à ses yeux les compromet, elle se jette sur Gil, le blesse, et lui fait une promesse : elle va faire en sorte qu’il ne fasse plus jamais de mal à une autre petite fille.

Et voilà pourquoi Gil est enfermé dans la Résidence Home d’Enfants les Pâquerettes. Loin de sa maman, de son papa, de Jeffrey, Pougnougnou, Câlinot, et loin de Jessica.

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