Ravage

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Résumé

Le roman Ravage, publié en 1943, situe son action plus d’un siècle plustard, en 2052. C’est une société à la fois utopique et cauchemardesque qui estdécrite au début du récit, mécanisée à l’extrême, où tout est automatique. Lesusines et le travail manuel n’ayant plus lieu d’être dans cette routine géréepar les machines, les capacités humaines les plus élémentaires se voientatrophiées et les individus, toujours plus dépendants du système, cherchent envain leur bonheur dans ce bien-être routinier et robotique.

Un jour, dans une mégalopoleentièrement tributaire de l’énergie, c’est la catastrophe : l’électricitédisparaît tout à coup sans que personne ne puisse vraiment expliquer pourquoi.Toute la société se retrouve alors paralysée : les lumières s’éteignent,les voitures ne peuvent plus avancer, les distributeurs d’eau ne fonctionnentplus et pour couronner le tout, la communication avec le reste du monde estcoupée car les radios n’émettent plus. Le pays, plongé dans le noir, sembledécouvrir avec horreur à quel point la « la fée électricité » luiétait jusqu’alors vitale.

Face à la situation et auxpérils encourus par les citoyens, les secours n’ont d’autre choix que de sedéplacer à cheval. Mais les populations se rassemblent en véritables meutes affamées– les réfrigérateurs ne fonctionnant plus – et, dans leur quête désespérée denourriture, commencent à attaquer les chevaux pour les dévorer. Des siècles decivilisation se trouvent anéantis devant une pénurie qui renvoie les individus àla part la plus irrationnelle de leur condition humaine. C’est ainsi que « laloi de la jungle » fait son retour dans la grande ville où seuls les plusforts survivent ; les principes d’entraide et les sentiments de compassionsemblent oubliés.

François Deschamps, né dansune famille d’agriculteurs, s’est installé en ville pour suivre des études de chimie,mais il ne s’est jamais complètement départi du bon sens, de la logique et dusavoir-faire ancestral des gens de sa terre, et c’est donc tout naturellementque celui qui deviendra le héros de cette histoire décide, face au désastre, defuir le chaos de la ville pour rejoindre sa famille à la campagne. Représentantles valeurs humaines du monde rural face à la déliquescence d’une populationurbaine oisive, François se montre fidèle en amitié et n’oublie pas d’emmeneravec lui dans sa fuite son amie d’enfance, Blanche Rouget, la fiancée durichissime et tout-puissant Jérôme Seita. Ce dernier, rendu grotesquementimpuissant, au milieu de ses richesses, par la panne d’électricité, estabandonné par ses serviteurs et subordonnés, et se montre incapable de sortirseul de sa grande demeure sans risquer la mort.

François fabrique des armespour se défendre des foules animalisées par le besoin, rassemble ce qu’il peutde nourriture et forme autour de Blanche et de lui-même un petit groupe qui vales accompagner dans un long et pénible voyage vers la campagne et la liberté,loin de l’aliénation d’une technologie défaillante. De par ses qualités innées,et en raison des compétences basiques dont il semble l’ultime détenteur,François devient naturellement le chef et le guide de cette troupe desurvivants, qui va dans son périple affronter tous les dangers : tempêtes,sécheresses, incendies… La planète et les éléments, malmenés par les hommes quis’en sont crus les maîtres, et par leur « progrès », font valoirleurs droits et se vengent sur ces rescapés qui, après quelques pertes et delongs tourments, parviennent toutefois à atteindre leur but et à s’installerdans une contrée éloignée où ils décident de « repartir de zéro ».

Fort de l’expériencemalheureuse des ravages provoqués par une robotisation à outrance, Françoisfonde alors une nouvelle société quasi féodale, dénuée de toute technologie,développée selon une hiérarchie patriarcale autour de sa propre figure, fondéesur une vie saine et privilégiant les valeurs essentielles de la vie au contactde la nature. Il y instaure des principes à la fois stricts – l’obéissanceinconditionnelle de ses subordonnés – et nécessaires pour la cohésion et ledéveloppement de cette « nouvelle race humaine » – en permettant, parexemple, la polygamie afin de s’assurer une nombreuse descendance.

Après une vie bien remplieauprès de ses sujets, François, devenu vieux, songe à désigner un successeurlégitime à la tête de sa tribu, et pour ce faire il organise des festivités. Aucours des réjouissances, un homme apparaît soudain avec un cadeau pour lepatriarche : une énorme machine, qu’il a conçue et fabriquée pourfaciliter aux hommes les durs labeurs de la terre. À la vue de ce présent,réminiscence à ses yeux de tout le passé de dépendance aux machines qu’il estle dernier homme vivant à avoir connu, François devient fou et décide de couperle mal à la racine en faisant exécuter l’inventeur. Interloqué, ignorant lesraisons de cette décision, c’est finalement ce dernier qui va tuer François,dans un sursaut d’autodéfense.

Même si la volonté du chefdéfunt sera tout de même respectée – ses hommes détruisent la machine et tuentson inventeur –, François emportera néanmoins avec lui dans la tombe son irremplaçableexpérience de l’enfer moderne, et tôt ou tard ses descendants se lancerontprobablement à nouveau dans l’invention et l’élaboration de nouvelles machines.Ils risqueront ainsi fatalement d’engendrer, à leur tour, d’autres « ravages ».

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