Ravage

par

Une description du cataclysme, et l’effondrement d’une civilisation

Ravage décrit les mutations d’une société après la survenue d’une catastrophe, laquelle met en lumière les mœurs d’une civilisation qui ne s’intéresse plus à rien et dont le mode de vie semble dysfonctionner. Avant que le cataclysme ne survienne, ce qui correspond à la première partie du roman, la société est présentée comme infectée et malade. Chaque protagoniste ne semble pas aborder la vie de manière sereine et heureuse. Tous ont au moins un intérêt à agir tel qu’ils agissent, et la spontanéité, le plaisir, semblent oubliés. En effet, le couple François-Blanche fonctionne sur un jeu de domination et de possession de la part de l’un, et d’intérêt, de recherche de protection et de confort pour l’autre – rien à voir avec les sentiments purs qu’on peut attendre d’une relation amoureuse, au moins en littérature. La vie ne semble plus faite pour être construite et aimée mais elle est présentée comme subie par des acteurs passifs, lassés de tout.

L’utilisation même des sens semble abolie, l’humain ne semble plus capable d’éprouver quoi que ce soit de pur et de spontané, que ce soit dans sa relation à l’autre, comme en témoignent Blanche et François, mais également dans ses activités de tous les jours. Par exemple, les pêcheurs deviendraient insensibles et même dégoûtés par leur travail, qu’ils n’envisagent désormais plus que comme un loisir dont l’inutilité même les révulse. Ces petits dysfonctionnements peuvent apparaître comme anodins, cependant, la catastrophe va permettre de mettre en lumière cet intérêt pour les choses, ce goût perdus. Ainsi, Barjavel veut montrer à quel point la société est fragile, basée sur un jeu d’apparences, un milieu où la confiance n’existe plus. Il veut mettre en relief, par la disparition soudaine de toute source d’électricité, le fait que des fondements aussi peu fiables ne peuvent suffire pour faire tenir la société debout. Barjavel fait de ce cataclysme une véritable fin du monde puisque toute la vie est désormais régie par des machines nécessitant l’usage de l’électricité. Il montre qu’en se reposant uniquement sur cette base qui peut s’effondrer à tout moment, et non sur les qualités humaines, l’humanité ne pourra pas aller bien loin.

Il annonce l’arrivée de la catastrophe par petites touches successives D’abord, ce sont des baisses de tensions croissantes dans l’air, qui accusent une faiblesse, une déficience dans l’alimentation en électricité. Puis, un témoignage scientifique vient appuyer cette théorie : le Dr. Portin met ces changements atmosphériques sur le compte de taches solaires qui apparaissent. Ainsi, il donne plus de crédibilité au cataclysme qui arrive, et semble sonner le glas d’une civilisation, où rien de solide ne peut subsister.

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