Sans Famille

par

Une description sociale du XIXème siècle

Au cours de la lecture, certains aspects du fonctionnement de la société de l’époque apparaissent, à travers une description de diverses régions de la France et de l’Angleterre, des gens qui y vivaient et y travaillaient :

« Après avoir marché assez longtemps dans une large rue moins misérable que celles que nous venions de traverser, et où les boutiques devenaient plus grandes et plus belles à mesure que nous descendions, Vitalis tourna à droite, et bientôt nous nous trouvâmes dans un quartier tout à fait misérable : les maisons hautes et noires semblaient se rejoindre par le haut ; le ruisseau non gelé coulait au milieu de la rue, et, sans souci des eaux puantes qu’il roulait, une foule compacte piétinait sur le pavé gras. Jamais je n’avais vu des figures aussi pâles que celles des gens qui composaient cette foule ; jamais non plus je n’avais vu hardiesse pareille à celle des enfants qui allaient et venaient au milieu des passants. Dans des cabarets, qui étaient nombreux, il y avait des hommes et des femmes qui buvaient debout devant des comptoirs d’étain en criant très fort. »

Les classes sociales apparaissent clairement, les plus pauvres sont méprisés, ignorés par les plus riches : Vitalis en tant que saltimbanque est considéré comme un homme d’un rang inférieur, un mendiant sans éducation ni talent, qui peut être jeté en prison très facilement sans remords – « Par cette lettre, mon maître me disait qu’on le gardait en prison pour le faire passer en police correctionnelle le samedi suivant, sous la prévention de résistance à un agent de l’autorité, et de voies de fait sur la personne de celui-ci. » Vitalis est victime d’une injustice judiciaire – ce qui était plus courant à l’époque qu’aujourd’hui, la loi ayant évolué dans le sens de mieux protéger les plus faibles –, qui lui vaudra en effet la prison, puisqu’il est trop pauvre pour se payer une défense.

Dans la rue, les saltimbanques sont souvent à peine remarqués, peu de personnes leur donnent de l’argent, parfois même ils sont insultés ou bousculés. Rémi, Mattia, comme beaucoup de garçons de leur âge à l’époque, sont aussi contraints à travailler durement pour gagner leur vie, ou tout du moins de quoi manger, et ils sont souvent battus, menacés, enrôlés par des hommes peu scrupuleux. Chaque métier exercé par Rémi est difficile, que ce soit saltimbanque, jardinier, minier, et nécessite une volonté et un optimisme à toute épreuve, ce dont les nantis n’avaient pas besoin. Ceux-ci étaient souvent hautains et méprisants envers les plus pauvres mais certains pouvaient bien sûr se révéler très bons, généreux et accueillants, comme la mère de Rémi par exemple, et accueillir sans préjugés des plus pauvres à leur table ou chez eux afin de leur apporter un peu de réconfort et de foi en l’homme et en l’avenir.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Une description sociale du XIXème siècle >