Souvenirs pieux

par

Fernand Pirmez

Ce frère d'Octave, cousin de Marguerite Yourcenar, est la figure atypique de Souvenirs pieux. Élevé dans un milieu riche et étouffant, il est nourri du même lait littéraire classique que son frère mais va s'éloigner des valeurs de sa famille, adoptant des idées diamétralement opposées à celles de sa sphère sociale. En effet, Fernand, que tous désignent sous le diminutif de Rémo, va prendre fait et cause pour la liberté.

« Dès l'enfance, Rémo a violemment pris parti en faveur du faible, de l'opprimé, de l'insulté. » Comme le fit Lord Byron, il voyagea, mais contrairement à Octave son frère « il n'a pas été de ceux qui voyagent pour pressurer la beauté des choses. [...] La riante Alger et les majestueuses pyramides l'ont moins frappé en Afrique que les misères de l'esclavage. » S'il quitta la paisible Belgique, ce fut pour se rendre là où l'on défendait la liberté : « en Grèce, où il est allé comme on va en Terre Sainte », en Italie, à Paris pendant la Commune, où il se lie avec les meneurs de l'insurrection comme Flourens.

Mais ce jeune homme écorché vif, amoureux de la musique de Wagner, ne sut pas vieillir et se tira une balle dans le cœur. « Rémo est mort d'avoir manié un revolver qu'il ne savait pas chargé, et qu'il a distraitement tourné contre sa poitrine. » Telle est la version officielle que la famille de Rémo rendra publique, afin d'éviter l'épouvantable scandale d'un suicide : « Le suicide, dans son milieu, est un mot obscène. » Pourtant, c'est bien ainsi qu'il disparut, victime de ce mal d'être qui le poussait à l'aventure, vers le danger, au nom d'un noble...

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Dissertation à propos de Souvenirs pieux