Souvenirs pieux

par

La disparition du milieu naturel et du cadre que l'on croyait immuable

Marguerite Yourcenar n'est pas un écrivain qui met en scène la nature comme un personnage à part entière. Néanmoins, elle est plus qu'un décor pour les personnages dont la mémoire est évoquée dans Souvenirs Pieux. Elle est le cadre longtemps immuable que les hommes ont eu pour vivre, se reproduire, créer, développer leurs petites vies. C’est la marque d'une société encore rurale où les riches bourgeois se sentent propriétaires terriens.

À l'âge de l'industrie, tout change. Quand Marguerite Yourcenar retourne sur les terres de ses ancêtres à Flémalle, en Belgique, l'endroit qui avait reçu le surnom de « délices du pays de Liège [...] offrait ce jour-là un échantillon de nos erreurs d'apprentis sorciers. » Le spectacle qui s'étale devant elle est navrant. Le pays, « rongé par la cupidité et l'imprévoyance de quatre ou cinq générations d'hommes d'affaires du XIXème et XXème siècles » montre « les traces à peu près indélébiles de l'attrition industrielle », en lieu et place des verts paysages qui avaient apaisé des générations.

Le bilan dressé par Marguerite Yourcenar est sans appel. Ces pages, au beau milieu des portraits de femmes et d'hommes qui s'adonnaient « sérieusement à la douceur de manger », forment une description effroyable. Les coupables ? Les hommes. « La décision d'utiliser à fond certaines substances carburantes a, au cours des deux derniers siècles, lancé l'homme sur une voie irréversible en mettant à son service des sources d'énergie dont son avidité et sa violence ont bientôt abusé. » Irréversible ? Marguerite Yourcenar...

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Dissertation à propos de Souvenirs pieux